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.Le papier sale était écrit en mauvais arabe et adressé au ‘Frère des Démons’.Une fois qu’il l’eut déchiffré, il le replia et le mit dans sa poche.— Qui vous l’a apporté ? demanda-t-il.— Je ne sais pas, Frère des Démons.Je l’ai trouvé avec les autres lettres.Il y a eu beaucoup de monde aujourd’hui ; Ramsès eut amplement le temps de réfléchir à ce qu’il allait faire.Personne ne lui demanda ce qu’il avait accompli durant la journée.Emerson était trop occupé à interroger David sur Deir el Medina et à décrire le travail de Cyrus dans la Vallée Ouest.Ramsès pesait toujours le pour et le contre quand, après un diner de bonne heure, sa mère les envoya tous se coucher.Ils avaient eu une dure journée et Emerson avait décrété qu’ils partiraient dès l’aube le lendemain.Ayant pris sa décision, Ramsès s’arrangea pour intercepter David.— Oh, non, gémit ce dernier après avoir lu le message.Pas une nouvelle lettre anonyme vous invitant à un rendez-vous secret au milieu de la nuit.— Nous n’en avions pas reçu depuis un sacré bout de temps.David avait eu sa part de rendez-vous de minuit durant la guerre.Il fixa Ramsès d’un regard impressionnant.— Vous n’avez pas l’intention d’y aller, j’espère.— Il dit… (Ramsès reprit la lettre.) ‘Comment la dame est morte ? Je le sais.Venez seul.Je vous le dirai.’ Son arabe n’est pas très bon, n’est-ce pas ?— Ce n’est pas sa langue natale.— Ou alors il est à moitié analphabète.Cela pourrait être l’un des safragisde l’hôtel.Ils se méfient à juste titre des gens de la police.— Vous comptez y aller, dit David, résigné.— Il y a une chance que ce type ait réellement vu quelque chose, expliqua Ramsès.Cela vaut la peine de tenter le coup.— Je viens avec vous.— Je pensais que vous alliez dire cela.Je ne suis pas assez fou pour y aller seul, et vous êtes le seul à avoir assez d’expérience pour ne pas être vu.Nefret ferait une scène de tous les diables si je lui en parlais, Père aussi dans un genre différent, et Mère…— … Se précipiterait à votre rescousse en brandissant son ombrelle.Je comprends votre situation.Et Sethos ? (Ramsès demeura silencieux.) Vous n’avez pas confiance en lui ? demanda David.— Non.Si.Que je sois damné si je sais ce que je pense.Mais il est arrivé juste au moment où nous venions de tomber sur la plus belle antiquité qu’il ait jamais vue.— La vérité est que vous ne l’aimez pas, dit David.— Si.Non.— Je ressens la même chose.Bien.(David se détendit et croisa les bras.) Je serai avec vous, bien sûr.Comme au bon vieux temps.— Le regrettez-vous ? demanda Ramsès avec une certaine curiosité.— Si je n’avais ni responsabilités, ni charges de famille, je serais plongé jusqu’au cou dans le mouvement nationaliste.Et probablement en prison, ajouta-t-il avec un sourire moqueur.— Je sais.Peutêtre qu’une enquête pour meurtre calmera un peu les choses.Je déteste d’avoir à vous demander cela mais…— J’aurais été profondément blessé que vous ne le fassiez pas.Comment comptez-vous procéder ? Ils se retrouvèrent derrière l’écurie, une heure avant l’heure fixée.Le point de rendez -vous était dans les hauteurs au sud de Deir el Bahari, à une courte marche, mais cela leur donnerait le temps d’examiner le terrain et de trouver une cachette pour David avant que l’informateur n’arrive – s’il arrivait.Ils portaient tous les deux une sombre galabieh et un turban.Ramsès remarqua, avec une certaine appréhension, que David semblait d’humeur très guillerette.— Ne faites rien de stupide, dit-il sévèrement.— Comme sauter sur le type dès qu’il brandira son couteau sur vous ?— Il n’arrivera rien de tel.Il espérait avoir raison.Il avait dit à Nefret qu’il travaillerait tard.Elle lui arracherait la peau en guise de trophée si elle découvrait qu’il avait menti.— Etes-vous armé ? demanda-t-il.— Juste ces deux-là, répondit David en agitant les bras.Si Ramsès n’avait pas aussi bien connu son abstinent ami, il aurait pu croire que David avait bu.Ce devait être l’éventualité d’une action qui lui faisait ainsi monter l’adrénaline.Ils marchèrent d’un pas alerte malgré le chemin inégal.Ils le connaissaient tous les deux aussi bien que les couloirs de la maison, et la lune était claire.Les villageois se couchaient tôt pour économiser l’huile de leurs lampes, et même les apprentis pilleurs de tombes avaient apparemment pris une nuit de repos– ou étaient occupés ailleurs.Quand ils atteignirent le tas de débris qui balisait le djebel, Ramsès chuchota :— C’est quelque part par là.Le messager avait été assez vague à propos de la localisation, probablement à cause des lacunes de son vocabulaire.Ramsès avait décidé de rester en plein dans le clair de lune, à bonne distance de la falaise, et d’attendre que l’homme vienne à lui.David ne riait plus.Son fin visage s’était figé en un masque que Ramsès lui avait souvent vu durant la guerre.Il hocha la tête sans répondre, puis il s’éclipsa, se fondant dans l’obscurité.Il n’avait pas perdu la main.Il n’y avait personne en vue.Aucun son, aucun mouvement.Ramsès retourna sur le chemin qu’ils avaient pris, attendit un moment, puis revint sur ses pas.Il s’en fallait encore de dix minutes avant l’heure indiquée.Il s’arrêta non loin du creux où David avait disparu et enleva son turban.Les dix minutes passèrent, puis dix autres.Il s’écarta un peu de la falaise pour rester dans le clair de lune.Il venait juste de décider que son informateur ne viendrait pas quand il entenditquelqu’un s’approcher, doucement, précautionneusement.Dans le silence de mort qui régnait, le bruit d’un caillou roulant sous un pied fut aussi bruyant qu’une chute de pierres.Les bruits de pas s’arrêtèrent.Il était tout près maintenant, à regarder.Ra msès ne bougea pas.Quelques minutes s’écoulèrent avec une lenteur effroyable.Puis une silhouette noire prit forme au milieu des ténèbres et s’avança vers lui.C’était une femme [ Pobierz całość w formacie PDF ]