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.— Désolée, Ty.Clay a raison.Je lui ai promis une chasse, et si je ne l’exauce pas, il va me faire la tête pendant des jours.— Une partie de chasse ? (Un éclat d’appréhension naquit dans les yeux de Winsloe mais il s’empressa de le gommer.) C’est ce que vous voulez ? D’accord.C’est de bonne guerre.Comme je le disais, vous m’avez attrapé.Alors voilà le marché.Laissez-moi aller chercher mon matériel et ça nous fera une vraie partie de chasse.Si je vous tue tous les deux, je gagne.Si vous me coincez, je vous donne quinze millions.— Ce mec a des couilles, chérie, dit Clay.Faut au moins lui reconnaître ça.(Il souleva Winsloe par l’avant de sa chemise.) Vous voulez conclure un marché ? Alors voilà.On vous laisse partir.Vous vous cassez à toutes jambes.Si vous arrivez à sortir du terrain de jeu, on vous laisse filer.Si on vous attrape en premier, on vous tue.D’accord ?— Ce n’est pas équitable, balbutia Winsloe.Clay rejeta la tête en arrière et éclata de rire.— T’entends ça, chérie.C’est pas équitable.Ce n’était pas vos règles ? Celles que vous comptiez appliquer si vous donniez la chasse à Elena ? Elle serait relâchée et chassée par une équipe de professionnels expérimentés.Si elle s’échappait du terrain de jeu, elle aurait la vie sauve.Autrement, elle mourrait.J’ai raté un truc ?— Ce n’est pas la même chose, dit Winsloe, le regard mauvais.Je ne suis pas un loup-garou.Les humains ne peuvent pas se battre sans armes.— Et ces réserves que vous avez dehors ?— Elles sont verrouillées.— Très bien, soupirai-je.On va rendre ça plus « équitable », dans ce cas.Faudrait pas que ce soit trop facile.Sans défi, ce n’est pas marrant.Je me dirigeai vers la cage voisine et ramassai le pistolet.En l’examinant, je découvris comment ouvrir la chambre et fis tomber les balles à terre.Puis je rejoignis Winsloe et lui tendis l’arme vide.— Que voulez-vous que je foute avec ça ? dit-il.Clay secoua la tête.— Je le croyais intelligent, ce mec.Réfléchissons.On doit muter pour vous donner la chasse.On ne va pas vous laisser une arme chargée pour que vous puissiez nous tirer dessus pendant qu’on se transforme.— Vous pouvez toujours nous retrouver et nous taper sur la tête avec ce flingue vide, dis-je.Mais je vous le déconseille.On va muter à tour de rôle.Si vous approchez, on vous tue.Pendant qu’on est occupés, vous aurez le temps de faire quelque chose.Combien de temps ? Ne comptez pas sur moi pour vous le dire.Mais vous avez le temps d’agir.Vous pouvez vous barrer à toutes jambes.Ou retourner dans ce centre chercher des munitions.Ou vous précipiter vers la réserve d’armes la plus proche et tenter de faire sauter la serrure.Ou vous diriger vers le garage et voir si vous pouvez remettre en marche l’un des véhicules sabotés.— Voilà, dit Clay.On vous a tout expliqué.Ça vous paraît assez équitable ?Winsloe regarda Clay droit dans les yeux.— Vingt millions.— Vingt secondes.— Vingt-cinq mill…— Dix-neuf secondes.Winsloe serra la mâchoire, se détourna de Clay pour diriger son regard vers moi, puis sortit du chenil d’un air digne.— Il le prend remarquablement bien, dis-je après son départ.— Déçue ? demanda Clay.— J’avoue que j’espérais qu’il pisserait dans son froc.Mais ça va.Au moins, il va essayer.Le défi sera plus grand.Clay sourit.— Et plus marrant.Nous n’étions pas assez idiots pour muter dans le chenil.On trouva une clairière à l’extérieur, à une quinzaine de mètres de là.Clay muta le premier tandis que je montais la garde.Puis on échangea les rôles.Quand j’en eus fini, on regagna le chenil où je flairai la piste de Winsloe pour le suivre.Il n’avait pas regagné le centre.Pas plus qu’il n’avait tenté le garage.Il avait foncé droit dans les bois, soit pour se casser le plus loin possible, soit parce qu’il nourrissait l’espoir pitoyable d’arriver à crocheter la serrure d’une des réserves d’armes avant qu’on le rattrape.Pire encore – du moins, pour Winsloe –, il avait emprunté le sentier principal.S’il s’était frayé lui-même un chemin à travers les broussailles, il nous aurait ralentis.Sur ce large sentier, on pouvait courir à toute allure, côte à côte.Ce qu’on fit.La prudence n’était même pas nécessaire.Armé seulement d’un pistolet vide, Winsloe ne pouvait, au pire, que se cacher dans les buissons et nous le balancer quand on passerait.Il n’y avait pas franchement de quoi s’en faire.On passa devant la tour de guet, je sentis une bouffée d’odeur métallique.Ma mémoire repassa cette chasse initiale avec Lake et je me rappelai le point de repère suivant : une réserve d’armes.C’était donc là le plan de Winsloe ? À moins d’avoir des outils de serrurier sous la main, il se préparait à une grosse surprise.Et nous, à une chasse très brève.Je contournai la tour et aperçus la réserve devant nous.Aucune trace de Winsloe.Avait-il fini par laisser tomber pour s’enfuir ? Alors que j’approchais de la réserve, je remarquai quelque chose par terre.Des lunettes à vision nocturne.Près d’elles, une boîte de munitions.Et des jumelles.Je m’arrêtai brusquement.Les portes de la réserve étaient ouvertes.La lumière du soleil se reflétait sur une clé métallique insérée dans la serrure.Winsloe la portait depuis le début ou savait où se la procurer.Il était à présent armé de Dieu sait quel genre d’artillerie.Tandis que je contemplais ce désordre, Clay heurta mon épaule, me projetant dans les buissons.Une salve de coups de feu brisa le silence.Clay me poussa un peu plus loin dans les buissons.Comme je ne bougeais pas assez vite, il me mordit l’arrière-train.Je m’enfonçai à l’abri, mon ventre raclant le sol.Clay me suivit.Une nouvelle salve de coups de feu fit pleuvoir des balles qui décrivirent un arc loin au-dessus de nos têtes.Quelle que soit sa cachette, Winsloe ne nous voyait pas et se guidait à l’ouïe.Je ralentis l’allure pour me faufiler sans bruit parmi les broussailles.Une fois hors de portée de tir, je trouvai un fourré où je m’arrêtai.Clay approcha derrière moi à pas furtifs.Il me renifla le long du flanc, jusqu’au cou, cherchant une odeur de sang.Quand il en eut fini, je lui rendis la pareille.Nous nous en étions tous deux sortis indemnes… jusqu’ici.De combien d’armes Winsloe disposait-il à présent ? De combien de munitions ? Avait-il des grenades ou autres surprises du même genre ? Quand je disais vouloir un défi, ce n’était pas tout à fait ce que j’avais en tête.On se tapit dans le fourré, moins pour nous cacher que pour rester immobiles et à l’abri le temps de localiser Winsloe.Au bout de quelques minutes, Clay me donna un petit coup sur l’épaule et désigna du museau le nord-est.Je levai le nez, mais le vent soufflait depuis le sud.Clay agita les oreilles pour me dire : Écoute au lieu de flairer.Je fermai les yeux, me concentrai et entendis un faible bruit de tissu frottant contre le tissu.Winsloe se trouvait au nord-est, à trente mètres au moins, et s’était de nouveau approché de la réserve.À en juger par le bruit, il changeait de matériel ou se déplaçait vers un meilleur poste d’observation, mais sans trop s’éloigner.Parfait.Je fis signe à Clay qu’il valait mieux nous séparer pour le contourner.Il s’ébroua doucement et quitta le fourré à pas furtifs.Quand je sortis à mon tour, il avait déjà disparu.Je devinais à l’odeur de Clay qu’il était parti sur la gauche, si bien que je pris à droite.À distance respectueuse de Winsloe, je me faufilai au travers des broussailles et calculai que je me trouvais directement au nord par rapport à lui.Puis je ralentis et m’avançai furtivement vers le sud [ Pobierz całość w formacie PDF ]