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.Ils vous mettront sur le carreau et vous laisseront pourrir dans votre coin.Et ni moi ni personne d'autre ne pourra rien faire pour les en empêcher.»C'était la première fois qu'il l'appelait par son prénom sans l'entourer d'aucun titre, et elle sut enfin que la rumeur disait vrai.Peut-être était-ce à cause de son amitié avec l'amiral Courvosier, ou simplement parce qu'il croyait en elle, elle l'ignorait, mais Havre-Blanc faisait de sa carrière une affaire personnelle.En retour, elle lui devait peut-être son accord, ou du moins l'examen attentif de ses arguments, mais, cette fois, c'était plus qu'elle ne pouvait donner.« Pardonnez-moi, monsieur, dit-elle doucement en implorant du regard sa compréhension, à contrecœur.Si ma carrière est le prix à payer, alors je paierai.Je n'ai pas d'autre solution, et cette fois quelqu'un va demander des comptes à Pavel Young.— Je ne peux pas vous laisser faire ça, capitaine.» La voix du comte était dure, plus sèche que jamais, et ses yeux étincelaient de colère.« Vous êtes peut-être trop bornée pour vous en rendre compte, mais votre carrière compte plus qu'une douzaine de Pavel Young ! Ce n'est pas parce que nous repoussons les Havriens en ce moment que nous y parviendrons toujours, et vous le savez aussi bien que moi !Nous sommes en pleine guerre pour la survie du Royaume, et la Flotte a investi en vous pendant trente ans.Vous êtes une ressource, capitaine Harrington, une arme, et vous n'avez pas le droit – non, aucun droit – de jeter cette arme au rebut.Vous parlez de "devoir", capitaine ? Eh bien, vous vous devez à votre reine, pas à vous-même ! »Honor eut un brusque mouvement de recul et, blême, ouvrit la bouche, mais la voix furieuse de Havre-Blanc la submergea comme un raz-de-marée.« La Flotte a besoin de vous.Le Royaume a besoin de vous.Vous avez prouvé qu'à chaque fois que vous preniez une décision tactique difficile vous accomplissiez un de vos putain de miracles ! Vous n'avez pas le droit de tous nous laisser tomber au profit d'une vendetta personnelle, quoi que Pavel Young vous ait fait ! » Il s'approcha encore un peu plus de la caméra, le regard dur comme la pierre.« Ça n'est pas moins vrai parce que vous ne le comprenez pas, capitaine, et je vous ordonne –je vous ordonne en tant qu'officier supérieur – de ne pas provoquer le comte de Nord-Aven en duel ! »CHAPITRE VINGT-SIXLa navette atterrit à Port-Royal, principal astroport de la ville d'Arrivée.En mémoire de l'atterrissage de la première navette du Jason, transport colonial subluminique, une flèche de granit poli d'une centaine de mètres de haut se dressait non loin et brillait de reflets rouge sang dans le soleil levant.Toutefois, Honor n'avait pas un regard à lui accorder.Elle quitta son siège, et un calme parfait régnait en son cœur.Elle en avait banni toute émotion humaine pour ne garder que sérénité.Elle se tourna vers le sas et sortit de la navette dans l'air chaud du matin.Andrew LaFollet, James Candless et Thomas Ramirez la suivirent, et personne en dehors d'eux ne l'accompagna jusqu'au géodyne qui l'attendait.Étrange.Rien ne semblait tout à fait réel, rien ne la touchait directement, pourtant tout lui paraissait incroyablement clair et précis.Elle se déplaçait dans ce calme, un peu à part tout en y étant plongée, et elle affichait un visage serein lorsque LaFollet lui ouvrit la portière du géodyne.Elle avait eu du mal à atteindre cette détermination intense et impassible qui lui avait beaucoup coûté.La confrontation avec l'amiral de Havre-Blanc l'avait secouée plus qu'elle ne se l'avouait.Son insistance obstinée l'avait ébahie, et ça ne s'était pas arrangé.Elle ne pouvait pas lui donner ce qu'il voulait, et cela l'avait rendu furieux.Elle avait bien essayé de s'expliquer, mais il s'était contenté d'aboyer le même ordre avant de couper la communication, la laissant devant un écran noir.Sa colère cruelle à un moment pareil l'avait profondément blessée.À la veille d'un combat où sa vie était en jeu, elle avait besoin de confiance et de concentration, sûrement pas d'une brouille personnelle avec un officier qu'elle respectait beaucoup.Pourquoi ne comprenait-il pas qu'elle devait le faire ? Comment pouvait-il lui asséner des ordres – des ordres illégaux – à un moment pareil, sachant qu'ils la bouleverseraient ?Elle l'ignorait.Elle savait simplement qu'elle en avait souffert et qu'il lui avait fallu des heures pour retrouver une détermination inébranlable.Elle regrettait cette rupture entre eux, mais elle ne pouvait pas se laisser détourner de son objectif.Si Havre-Blanc n'arrivait pas à comprendre ou s'y refusait, elle ne pouvait rien y faire [ Pobierz całość w formacie PDF ]