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.Songez-y donc, des rivalités de savants, et de savants illustres !– Soyons moins illustres, alors, mon cher William, répondit Michel Zorn, et aimons-nous toujours ! »Onze jours s’étaient passés depuis l’aventure des cynocéphales, quand la petite troupe, arrivée non loin des chutes du Zambèse, rencontra une plaine qui s’étendait sur une largeur de plusieurs milles.Le terrain convenait parfaitement à la mesure directe d’une base.Sur la lisière s’élevait un village comprenant seulement quelques huttes.Sa population, – quelques dizaines d’indigènes au plus, – composée d’habitants inoffensifs, fit bon accueil aux Européens.Ce fut heureux pour la troupe du colonel Everest, car sans chariots, sans tentes, presque sans matériel de campement, il lui eût été difficile de s’installer d’une manière suffisante.Or, la mesure de la base pouvait durer un mois, et ce mois, on ne pouvait le passer en plein air, avec le feuillage des arbres pour tout abri.La Commission scientifique s’installa donc dans les huttes, qui furent préalablement appropriées à l’usage des nouveaux occupants.Les savants étaient hommes à se contenter de peu, d’ailleurs.Une seule chose les préoccupait : la vérification de leurs opérations antérieures, qui allaient être contrôlées par la mesure directe de cette nouvelle base, c’est-à-dire du dernier côté de leur dernier triangle.En effet, d’après le calcul, ce côté avait une longueur mathématiquement déterminée, et plus la mesure directe se rapprocherait de la mesure calculée, plus la détermination de la méridienne devrait être regardée comme parfaite.Les astronomes procédèrent immédiatement à la mesure directe.Les chevalets et les règles de platine furent dressés successivement sur ce sol bien uni.On prit toutes les précautions minutieuses qui avaient accompagné la mesure de la première base.On tint compte de toutes les conditions atmosphériques, des variations du thermomètre, de l’horizontalité des appareils, etc.Bref, rien ne fut négligé dans cette opération suprême, et ces savants ne vécurent plus que dans cette unique préoccupation.Ce travail, commencé le 10 avril, ne fut achevé que le 15 mai.Cinq semaines avaient été nécessaires à cette délicate opération.Nicolas Palander et William Emery en calculèrent immédiatement les résultats.Vraiment, le cœur battait fort à ces astronomes, quand ce résultat fut proclamé.Quel dédommagement de leurs fatigues, de leurs épreuves, si la vérification complète de leurs travaux « pouvait permettre de les léguer inattaquables à la postérité ! »Lorsque les longueurs obtenues eurent été réduites par les calculateurs en arcs rapportés au niveau moyen de la mer, et à la température de soixante et un degrés du thermomètre de Fahrenheit (16° 11’centigrades), Nicolas Palander et William Emery présentèrent à leurs collègues les nombres suivants :Base nouvelle mesurée… 5075t, 25Avec la même base déduite de la première base et du réseau trigonométrique tout entier… 5075t, 11.Différence entre le calcul et l’observation… 0t, 14.Seulement quatorze centièmes de toise, c’est-à-dire moins de dix pouces, et les deux bases se trouvaient situées à une distance de six cents milles l’une de l’autre !Lorsque la mesure de la méridienne de France fut établie entre Dunkerque et Perpignan, la différence entre la base de Melun et la base de Perpignan avait été de 11 pouces.La concordance obtenue par la commission anglo-russe est donc plus remarquable encore, et fait de ce travail, accompli dans des circonstances difficiles, en plein désert africain, au milieu des épreuves et des dangers de toutes sortes, la plus parfaite des opérations géodésiques entreprises jusqu’à ce jour.Un triple hurrah salua ce résultat admirable, sans précédent dans les annales scientifiques !Et maintenant, quelle était la valeur d’un degré du méridien dans cette portion du sphéroïde terrestre ? Précisément, d’après les réductions de Nicolas Palander, cinquante-sept mille trente-sept toises.C’était, à une toise près, le chiffre trouvé en 1752, par Lacaille, au cap de Bonne-Espérance.À un siècle de distance, l’astronome français et les membres de la commission anglo-russe s’étaient rencontrés avec cette approximation.Quant à la valeur du mètre, il fallait, pour la déduire, attendre le résultat des opérations qui devaient être ultérieurement entreprises dans l’hémisphère boréal.Cette valeur devait être la dix millionième partie du quart du méridien terrestre.D’après les calculs antérieurs, ce quart comprenait, en tenant compte de l’aplatissement de la terre évalué à 1/49915 dix millions huit cent cinquante-six mètres, ce qui portait la longueur exacte du mètre à 0t, 513074, ou trois pieds onze lignes et deux cent quatre-vingt-seize millièmes de ligne.Ce chiffre était-il le véritable ? c’est ce que devaient dire les travaux subséquents de la Commission anglo-russe.Les opérations géodésiques étaient donc entièrement terminées.Les astronomes avaient achevé leur tâche.Il ne leur restait plus qu’à gagner les bouches du Zambèse, en suivant, en sens inverse, l’itinéraire que devait parcourir le docteur Livingstone dans son second voyage de 1858 à 1864.Le 25 mai, après un voyage assez pénible au milieu d’un pays coupé de rios, ils arrivaient aux chutes connues géographiquement sous le nom de chutes Victoria.Les admirables cataractes justifiaient leur nom indigène, qui signifie « fumée retentissante.» Ces nappes d’eau, larges d’un mille, précipitées d’une hauteur double de celle du Niagara, se couronnaient d’un triple arc-en-ciel.À travers la profonde déchirure du basalte, l’énorme torrent produisait un roulement comparable à celui de vingt tonnerres se déchaînant à la fois.En aval de la cataracte, et sur la surface du fleuve devenu paisible, la chaloupe à vapeur, arrivée depuis quinze jours par un affluent inférieur du Zambèse, attendait ses passagers.Tous étaient là, tous prirent place à son bord.Deux hommes restèrent sur la rive, le bushman et le foreloper.Mokoum était plus qu’un guide dévoué, c’était un ami que les Anglais, et principalement sir John, laissaient sur le continent africain.Sir John avait offert au bushman de le conduire en Europe et de l’y accueillir pour tout le temps qu’il lui plairait d’y rester ; mais Mokoum, ayant des engagements ultérieurs, tenait à les remplir.En effet, il devait accompagner David Livingstone pendant le second voyage que cet audacieux docteur devait bientôt entreprendre sur le Zambèse, et Mokoum ne voulait pas lui manquer de parole [ Pobierz całość w formacie PDF ]