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.La fille resta discrètement debout, ostensiblement détournée de l’écran.Elle était vraiment déjà venue avec des clients.— Bonjour monsieur, salua le point de données avec entrain.Voulez-vous entendre les options proposées à nos clients pour…— Non.Carl chaussa le lecteur d’iris, cligna deux ou trois fois des yeux pour caler les lentilles et attendit que le signal sonore lui indique la fin du processus.Il se demanda ce qui se passerait s’il devait un jour faire ça avec un œil au beurre noir.— Merci monsieur.Vous avez à présent accès à vos comptes.Il sortit les crédits sur dix galettes à charge limitée, pour que la fille n’ait pas à tout payer d’avance à une clinique clandestine.Tandis qu’il les lui donnait dans cet espace restreint, il se rendit compte qu’il ne connaissait pas son nom.Quelques secondes après cela, il se rendit compte que ça lui convenait très bien.Elle prit les galettes en silence, le regarda des pieds à la tête comme si elle allait lui tailler une pipe de gratitude sur-le-champ, dans la cabine.Puis elle le remercia d’un murmure si bas qu’il faillit ne rien entendre, et il se demanda s’il n’était, finalement, qu’un connard de plus à l’imagination trop active.Il déverrouilla la porte avec un soupir de compression, et suivit la pute au dehors.— Allez, mon grand, lève les mains et ne bouge plus !Le cri était sur sa gauche, les silhouettes qui lui bondirent dessus des deux côtés.La maille s’activa avec joie.Il saisit un bras, le tordit et repoussa son propriétaire vers l’écho mourant.Jurons et chutes.L’autre silhouette essaya de l’agripper, avec un semblant de technique, mais… il tira très fort, poussa le bras de garde vers le bas et abattit son coude dans le visage derrière.Il sentit le nez se briser.La douleur arracha un glapissement aigu à son adversaire.Il avança, fit un crochet du pied et poussa.L’assaillant au nez brisé tomba.Le dernier revenait de la gauche.Carl se retourna, sourire féroce et mains tendues, vit sa cible.Large, les épaules basses – un ancien lutteur pro.Carl feinta, puis lui donna un coup de pied dans le ventre tandis qu’il chargeait.Grognement étranglé et la sensation solide d’un coup au but, mais l’élan du bonhomme le poussa en avant et Carl dut s’écarter en hâte pour éviter la collision.Puis quelqu’un le frappa à la tête par-derrière.Il entendit le coup venir, sentit le mouvement du vent dans ses oreilles, se retournait déjà vers l’attaque, mais trop tard pour esquiver.Les ténèbres éclatèrent devant lui, incrustées de petites étincelles.Il pivota et tomba dans la lumière cristalline autour du point de données.Sa vision se teinta de noir, puis se dégagea.Une autre silhouette massive se dressait devant lui.Derrière les couleurs qui dansaient devant son regard, il vit un canon de pistolet et cessa de se débattre.— Brigade des mœurs, connard.Tu bouges et je te perfore le crâne, compris ?Bien sûr, on l’arrêta.36 h 13.Du matin.Des filaments de nuages bas dans un ciel rincé avant l’aube.Le crachin de la nuit criblait encore de diamants les carapaces de métal noires des navettes de récup-rap.Le tablier de béton permanent qui servait de pas d’atterrissage était humide, et quelques gouttes continuaient à tomber.Joey Driscoll sortit de la cantine avec une grande tasse de café autochauffante dans chaque main, les bras écartés comme pour équilibrer le poids, les yeux lourds d’une fatigue de fin de service.Sa bouche s’ouvrit sur un bâillement caverneux.La sirène retentit, gémissement montant comme une fraise de dentiste géante.— Oh mais bordel…Pendant un instant, il resta là, déterminé à ne pas y croire.Puis il s’élança vers la salle de crise, déjà au pas de course avant que les tasses heurtent le béton permanent.Au-dessus de sa tête, les sirènes prirent leur première inspiration aiguë et firent écho au gémissement.De gros panneaux LCLS sur le hangar clignotaient d’ambre.Sur sa gauche, le bruit des turbines commença à souligner celui des sirènes qui s’enclenchaient, avec une vibration basse dans sa gorge.Une minute et demie à peine avant qu’elles arrivent à plein régime.Deux minutes de plus pour embarquer l’équipage, et les turbines auraient décollé, sautillant sur le tablier comme des chiens cherchant à se dégager d’une laisse trop tendue.Tous ceux qui arriveraient en retard se feraient arracher les couilles.Il parvint à la porte de la salle de crise au moment même où Zdena en sortait, le gilet tactique pas encore fermé, le casque accroché à la partie basse, l’XM encore déplié dans sa main, saisi au vol dans le râtelier.Un grand sourire slave en le voyant.— Putain, Joe, et mon café ?Elle dut crier pour couvrir les sirènes.— Là-bas, sur le béton.Si tu le veux, faudra laper.(Il eut un geste d’exaspération dans ce bruit.) Putain de merde, quarante minutes avant la relève, quelle poisse !— C’est pour ça qu’on nous paie, cow-boy.Elle replia la crosse du XM le long du canon et l’y fixa, glissa l’arme dans le long fourreau sur sa cuisse et se concentra sur la fermeture de son gilet.Joe la dépassa.— Depuis quand on nous paie ?La salle de crise en alerte était un vrai foutoir.Une dizaine d’autres personnes qui criaient, juraient contre leur matos hypermoderne, riaient pour se défouler comme des chiens aboient.Joe saisit gilet, casque, masque-T sur les piles du comptoir, ne se fatigua pas à les enfiler.Avec l’expérience, il avait appris à faire tout ça dans une récup-rap qui effectuait des tonneaux au-dessus du Pacifique.Il saisit le canon dressé d’un XM dans le râtelier, lutta un peu quand les loquets de calage refusèrent de le lâcher, finit par le dégager et retourna vers la porte.Putain, quarante minutes, quoi !Zdena était déjà assise sur la porte arrière de Blue One, casque plus ou moins ajusté, sans son masque [ Pobierz całość w formacie PDF ]