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.Les marches, larges de plus de deux mètres, étaient en pierres soigneusement polies et ajustées.— Jolie grimpette ! apprécia Salim.Tu es certaine de vouloir aller là-haut ?En guise de réponse, Camille attaqua l’ascension, et il n’eut d’autre possibilité que de la suivre.Il leur fallut presque vingt minutes pour gagner le sommet de l’escalier, serrés contre le mur, évitant d’observer le vide à leurs pieds.Le souffle court, les jambes douloureuses, ils atteignirent enfin le dernier degré.Il donnait sur un palier baignant dans une lueur bleutée qui provenait d’une arche s’ouvrant sur une nouvelle volée de marches.Ils s’approchèrent.La lumière formait un rideau immatériel qui barrait complètement le passage.— C’est électrifié ce machin ? s’inquiéta Salim.— Aucune idée, répondit Camille.Tends le bras pour qu’on le sache.— Tu plaisantes ?— Tu vois une autre solution ?— Oui, faire demi-tour !Camille secoua la tête et avança d’un pas.Salim ouvrit la bouche pour protester mais déjà elle avait traversé le rideau lumineux.— Pas de problème, affirma-t-elle.Tu peux venir.Salim haussa les épaules et la suivit.Du moins essaya.Il rebondit contre la lueur bleue comme s’il avait heurté un mur et poussa un grognement en se frottant le front.— J’en étais sûre ! commenta Camille.— Très drôle, râla Salim.Tu aurais pu m’avertir ! Qu’est-ce que c’est que ce truc ?— Un dessin, expliqua Camille.Je l’ai senti en arrivant.Je savais que ce n’était pas électrifié, sinon, n’aie crainte, je t’aurais laissé passer devant ! Il doit s’agir d’un écran destiné à filtrer les visiteurs.Seuls les dessinateurs de haut niveau peuvent le franchir.— Génial ! lâcha Salim.Tu m’expliques à quoi je sers, moi, maintenant ?— À m’attendre, rétorqua-t-elle.Avec tes deux amies, Patience et Bonne humeur !Salim poussa un soupir résigné.— C’est bon, j’accepte le rôle de l’inutile de service.Sois prudente.Quand je ne suis plus là pour te surveiller, tu as tendance à faire des bêtises…Camille ne répliqua pas et lui tourna le dos.Devant elle, il n’y avait qu’une dizaine de marches, qu’elle gravit promptement.Elle se retrouva au sommet de la tour, au centre d’une immense pièce circulaire, éclairée par la lueur des étoiles et de la lune.Une coupole transparente remplaçait murs et plafond, offrant à la vue un panorama merveilleux.Au nord, la chaîne du Poll dressait ses impressionnants sommets enneigés, tandis qu’au sud s’étendait une plaine vallonnée, parsemée d’une multitude de lacs scintillants.À l’ouest, le Pollimage traçait une longue ligne sinueuse qui paraissait blanche dans la nuit.Camille s’approcha de la coupole et y posa la main.Son contact la surprit par sa tiédeur et confirma son idée qu’il ne s’agissait pas d’une matière naturelle.Elle reporta son regard au sud, en direction d’Al-Jeit et recula malgré elle.Le paysage nocturne avait bondi vers elle.Avec précaution, elle fit une nouvelle tentative.Elle se rendit compte avec stupéfaction que le dôme jouait le rôle d’une loupe.Elle se concentra sur une portion du Pollimage et, tout à coup, le fleuve lui parut aussi proche que s’il avait coulé au pied de la Citadelle.Elle relâcha son attention et sa vision redevint normale.Pendant quelques minutes, elle s’amusa à explorer le paysage.L’effet de grossissement était proportionnel à sa volonté.Elle parcourut les Frontières de Glace comme si elle s’y trouvait et observa les jeux d’un couple de renards blancs.Elle saisit l’avantage d’une telle invention dans une région aussi peu sûre que les Marches du Nord.Pas étonnant que les Raïs n’aient jamais réussi à surprendre l’Empire !À regret, Camille s’éloigna de la paroi translucide.La pièce était meublée avec goût.Elle fit rapidement le tour des meubles, fauteuils de repos, lit double, bahut bas, commodes.Tout laissait deviner que deux personnes, certainement un couple, y habitaient.Elle se représenta Éléa Ril’ Morienval se déplaçant dans cet intérieur et ses mâchoires se contractèrent.Pour la première fois, elle perçut combien il était facile de haïr quelqu’un ! Aucun signe en revanche de l’inconnu qu’elle recherchait.Camille se glissa dans l’Imagination.Aussitôt, la puissance de l’endroit lui apparut évidente [ Pobierz całość w formacie PDF ]