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.Les pirates de l’Halifax à bord de l’Alert !… Ainsi s’expliquait cette antipathie que lui inspira dès le premier abord le prétendu capitaine Paxton, et cette répulsion qu’il éprouvait en présence de l’équipage, et la réserve farouche que ces hommes, chargés de crimes, gardaient vis-à-vis de lui !…Il n’y avait pas un instant à perdre pour profiter des circonstances favorables.Personne n’ignore avec quelle rapidité le temps change dans ces parages des Tropiques… Une légère brise suffirait à éloigner l’Alert… On n’avait serré ni les huniers, ni la misaine, ni la brigantine, que gonfleraient les premiers souffles du vent… Au même moment, l’autre bâtiment s’éloignerait en direction contraire, et il n’y aurait plus chance de le rencontrer, – chance déjà si incertaine au milieu de ces brumes qui ne permettaient pas de l’apercevoir !…Ce qu’il y avait d’abord à faire, c’était de réveiller les passagers l’un après l’autre, de les prévenir en quelques mots, puis de les embarquer dans le canot par l’arrière du carré, sans attirer l’attention du matelot de quart.Avant tout, Will Mitz voulut s’assurer si Harry Markel était toujours dans sa cabine, qui occupait un des angles de la dunette, à l’entrée.Le bruit aurait pu l’éveiller, et, à moins de le mettre hors d’état d’appeler, la fuite serait compromise.Will Mitz se glissa près de la porte de la cabine, il appuya son oreille contre le vantail, il écouta quelques instants.Harry Markel, sachant qu’il n’y aurait rien à faire cette nuit, dormait d’un profond sommeil.Will Mitz revint au fond du carré et, sans allumer la lampe suspendue au plafond, il ouvrit une des deux fenêtres percées dans le tableau d’arrière, à six pieds environ au-dessus de la ligne de flottaison.Cette fenêtre serait-elle assez large pour que les passagers pussent descendre dans le canot ?…De jeunes garçons, oui !… mais des hommes un peu forts, non…Heureusement, M.Patterson n’était point corpulent.Les épreuves de la traversée l’avaient plutôt amaigri, en dépit des banquets dont il prenait si copieusement sa part aux diverses réceptions en l’honneur des pensionnaires d’Antilian School.Quant à lui, Will Mitz, élancé, agile, souple, il saurait bien se glisser par cette fenêtre.La fuite étant possible, sans avoir à remonter sur la dunette, – ce qui l’eut rendue inexécutable peut-être, – Will Mitz s’occupa de réveiller ses compagnons.La première cabine, dont il ouvrit doucement la porte, fut celle de Louis Clodion et de Tony Renault.Tous deux dormaient, et Louis Clodion ne se releva qu’au moment où il sentit une main s’appuyer sur son épaule.« Pas un mot !… dit Will Mitz.C’est moi…– Que voulez-vous ?…– Pas un mot, vous dis-je !… Nous courons les plus grands dangers !… »Une phrase suffit à expliquer la situation.Louis Clodion, qui en comprit la gravité, eut la force de se contenir.« Éveillez votre camarade, ajouta Will Mitz.Moi… je vais prévenir les autres…– Et comment fuir ?… demanda Louis Clodion.– Dans le canot… il est à l’arrière au bout de son amarre… Il nous conduira au navire qui ne doit pas être éloigné ! »Louis Clodion n’en demanda pas davantage, et, tandis que Will Mitz sortait de sa cabine, il réveilla Tony Renault qui sauta hors de son cadre, dès qu’il eut été mis au courant.En quelques minutes, tous les jeunes lauréats furent sur pied.Quant à M.Patterson, il ne serait prévenu qu’au dernier moment.On l’entraînerait, on l’affalerait dans l’embarcation, sans même lui donner le temps de comprendre.Il convient de le dire à l’éloge d’Antilian School, pas un de ses pensionnaires ne se montra faible devant le danger.Il ne leur échappa ni une plainte, ni un cri d’effroi, qui auraient compromis cette évasion tentée dans des conditions si difficiles.Toutefois, Niels Harboe fit cette proposition, qui témoignait d’une âme énergique :« Je ne m’en irai pas sans avoir arraché la vie à ce misérable ! »Et il se dirigeait vers la cabine d’Harry Markel.Will Mitz l’arrêta :« Vous n’en ferez, rien, monsieur Harboe… dit-il.Harry Markel pourrait se réveiller au moment où vous entreriez dans sa cabine, puis appeler, puis se défendre, et nous serions bientôt accablés !… Embarquons sans bruit… Une fois à bord du navire, je ne doute pas que son commandant ne veuille s’emparer de l’Alert et des bandits qui en sont les maîtres ! »C’était le seul parti à prendre.« Et M.Patterson ?… observa Roger Hinsdale.– Embarquez d’abord, répondit Will Mitz, et, lorsque vous serez installés, nous le ferons descendre.»Alors Louis Clodion et ses camarades de revêtir quelques vêtements plus chauds.Des vivres, il n’en fut pas question, puisqu’il ne s’agissait que de rejoindre le navire à un demi-mille.Dût même le canot attendre le lever de la brume ou le lever du jour, on l’apercevrait.Et, fussent-ils alors vus de l’équipage de l’Alert, les fugitifs seraient recueillis avant qu’Harry Markel et ses hommes eussent pu se mettre à leur poursuite.Ce qu’il y avait surtout à craindre, c’était la reprise du vent.En ce cas, le bâtiment eût fait route vers l’ouest, tandis que l’Alert aurait marché vers l’est.Dans ce cas, le jour venu, l’embarcation serait exposée à tous les dangers, sans eau et sans vivres, sur cette mer déserte [ Pobierz całość w formacie PDF ]