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.Reine offrit des sièges, et sur un geste, alla prendre deux petits verres qu’elle emplit de Rosolio.Après quoi, Bouvard exposa ce qui l’amenait.L’abbé ne répondit pas franchement.Tout est possible à Dieu – et les miracles sont une preuve de la Religion.– Cependant, il y a des lois.– Cela n’y fait rien.Il les dérange pour instruire, corriger.– Que savez-vous s’il les dérange ? répliqua Bouvard.Tant que la Nature suit sa routine, on n’y pense pas mais dans un phénomène extraordinaire, nous voyons la main de Dieu.– Elle peut y être dit l’ecclésiastique et quand un événement se trouve certifié par des témoins…– Les témoins gobent tout, car il y a de faux miracles !Le prêtre devint rouge.– Sans doute… quelquefois.– Comment les distinguer des vrais ? Et si les vrais donnés en preuves ont eux-mêmes besoin de preuves, pourquoi en faire ?Reine intervint, et prêchant comme son maître, dit qu’il fallait obéir.– La vie est un passage, mais la mort est éternelle !– Bref ajouta Bouvard, en lampant le Rosolio, les miracles d’autrefois ne sont pas mieux démontrés que les miracles d’aujourd’hui des raisons analogues défendent ceux des chrétiens et des païens.Le curé jeta sa fourchette sur la table.– Ceux-là étaient faux, encore un coup ! – Pas de miracles en dehors de l’Église !– Tiens se dit Pécuchet même argument que pour les martyrs : la doctrine s’appuie sur les faits et les faits sur la doctrine.M.Jeufroy, ayant bu un verre d’eau, reprit :– Tout en les niant, vous y croyez.Le monde, que convertissent douze pêcheurs, voilà, il me semble, un beau miracle ?– Pas du tout ! Pécuchet en rendait compte d’une autre manière.Le monothéisme vient des Hébreux, la Trinité des Indiens.Le Logos est à Platon, la Vierge-mère à l’Asie.N’importe ! M.Jeufroy tenait au surnaturel, ne voulait que le christianisme pût avoir humainement la moindre raison d’être, bien qu’il en vît chez tous les peuples, des prodromes ou des déformations.L’impiété railleuse du XVIIIe siècle, il l’eût tolérée mais la critique moderne avec sa politesse, l’exaspérait.– J’aime mieux l’athée qui blasphème que le sceptique qui ergote !Puis il les regarda d’un air de bravade, comme pour les congédier.Pécuchet s’en retourna mélancolique.Il avait espéré l’accord de la Foi et de la Raison.Bouvard lui fit lire ce passage de Louis Hervieu :Pour connaître l’abîme qui les sépare, opposez leurs axiomes :La Raison vous dit : Le tout enferme la partie et la Foi vous répond par la substantiation.Jésus communiant avec ses apôtres, avait son corps dans sa main, et sa tête dans sa bouche.La Raison vous dit : On n’est pas responsable du crime des autres – et la Foi vous répond par le Péché originel.La Raison vous dit : Trois c’est trois – et la Foi déclare que : Trois c’est un.Et ils ne fréquentèrent plus l’abbé.C’était l’époque de la guerre d’Italie.Les honnêtes gens tremblaient pour le Pape.On tonnait contre Emmanuel.Mme de Noares allait jusqu’à lui souhaiter la mort.Bouvard et Pécuchet ne protestaient que timidement.Quand la porte du salon tournait devant eux et qu’ils se miraient en passant dans les hautes glaces, tandis que par les fenêtres on apercevait les allées, où tranchait sur la verdure le gilet rouge d’un domestique, ils éprouvaient un plaisir et le luxe du milieu les faisait indulgents aux paroles qui s’y débitaient.Le comte leur prêta tous les ouvrages de M.de Maistre.Il en développait les principes, devant un cercle d’intimes : Hurel, le curé, le juge de paix, le notaire et le baron son futur gendre, qui venait de temps à autre pour vingt-quatre heures au château.– Ce qu’il y a d’abominable disait le comte c’est l’esprit de 89 ! D’abord on conteste Dieu, ensuite, on discute le gouvernement, puis arrive la liberté liberté d’injures, de révolte, de jouissances, ou plutôt de pillage.Si bien que la Religion et le Pouvoir doivent proscrire les indépendants, les hérétiques.On criera sans doute, à la Persécution ! comme si les bourreaux persécutaient les criminels.Je me résume.Point d’État sans Dieu ! la Loi ne pouvant être respectée que si elle vient d’en haut et actuellement il ne s’agit pas des Italiens mais de savoir qui l’emportera de la Révolution ou du Pape, de Satan ou de Jésus-Christ !M.Jeufroy approuvait par des monosyllabes, Hurel avec un sourire, le juge de paix en dodelinant la tête.Bouvard et Pécuchet regardaient le plafond, Mme de Noares, la comtesse et Yolande travaillaient pour les pauvres – et M.de Mahurot près de sa fiancée, parcourait les feuilles.Puis, il y avait des silences, où chacun semblait plongé dans la recherche d’un problème.Napoléon III n’était plus un Sauveur, et même il donnait un exemple déplorable, en laissant aux Tuileries, les maçons travailler le dimanche.– On ne devrait pas permettre était la phrase ordinaire de M.le Comte.Économie sociale, beaux-arts, littérature, histoire, doctrines scientifiques, il décidait de tout, en sa qualité de chrétien et de père de famille – et plût à Dieu que le gouvernement à cet égard eût la même rigueur qu’il déployait dans sa maison.Le Pouvoir seul est juge des dangers de la science répandue trop largement elle inspire au peuple des ambitions funestes.Il était plus heureux, ce pauvre peuple, quand les seigneurs et les évêques tempéraient l’absolutisme du roi.Les industriels maintenant l’exploitent.Il va tomber en esclavage !Et tous regrettaient l’ancien régime, Hurel par bassesse, Coulon par ignorance, Marescot, comme artiste.Bouvard une fois chez lui, se retrempait avec La Mettrie, d’Holbach, etc.– et Pécuchet s’éloigna d’une religion, devenue un moyen de gouvernement.M.de Mahurot avait communié pour séduire mieux ces dames et s’il pratiquait, c’était à cause des domestiques.Mathématicien et dilettante, jouant des valses sur le piano, et admirateur de Topffer, il se distinguait par un scepticisme de bon goût ce qu’on rapporte des abus féodaux, de l’Inquisition ou des Jésuites, préjugés, et il vantait le Progrès, bien qu’il méprisât tout ce qui n’était pas gentilhomme ou sorti de l’École Polytechnique.M.Jeufroy, de même, leur déplaisait.Il croyait aux sortilèges, faisait des plaisanteries sur les idoles, affirmait que tous les idiomes sont dérivés de l’hébreu sa rhétorique manquait d’imprévu invariablement, c’était le cerf aux abois, le miel et l’absinthe, l’or et le plomb, des parfums, des urnes – et l’âme chrétienne, comparée au soldat qui doit dire en face du Péché : Tu ne passes pas !Pour éviter ses conférences, ils arrivaient au château le plus tard possible.Un jour pourtant, ils l’y trouvèrent.Depuis une heure, il attendait ses deux élèves.Tout à coup Mme de Noares entra.– La petite a disparu.J’amène Victor.Ah ! le malheureux.Elle avait saisi dans sa poche, un dé d’argent perdu depuis trois jours, puis suffoquée par les sanglots : – Ce n’est pas tout ! ce n’est pas tout ! Pendant que je le grondais, il m’a montré son derrière ! Et avant que le Comte et la Comtesse aient rien dit : Du reste, c’est de ma faute, pardonnez-moi !Elle leur avait caché que les deux orphelins étaient les enfants de Touache, maintenant au bagne [ Pobierz całość w formacie PDF ]