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.— Non, répliqua Jesse.Je ne veux pas être au milieu d’un cirque pareil.Adam haussa un sourcil :— Tu vas obéir.— C’est une question de territorialité, expliquai-je à Jesse.Même les gens normaux jouent à ces petits jeux.Ils se sont lancés dans une lutte de pouvoir et ton père ne peut pas laisser passer ça.S’il le fait, ils te harcèleront encore plus, et ça finira dans un bain de sang.En fait, c’était à cela que servaient toutes ces luttes de pouvoir et ces postures qui m’agaçaient tant chez les loups-garous : cela permettait de garder les gens en vie.— Il serait utile de prévenir la police et l’école pour les prévenir, suggéra Honey.Comme ça, il n’arrivera rien à personne.— On pourrait en faire une petite représentation, intervint Gabriel.Appelez le prof de biologie de Jesse… ou, mieux, son professeur d’histoire contemporaine.Il pourra organiser une petite sortie de classe pour leur faire découvrir un loup-garou de très près.Cela fera le même effet qu’une escorte, mais sans mettre la honte à Jesse.Adam sourit de toutes ses dents :— J’aime beaucoup cette idée.Le visage de Jesse s’illumina :— Ce sera peut-être même génial pour mon bulletin scolaire !— Le lycée ne sera jamais d’accord, intervint Darryl.Les risques sont trop importants en cas de problème.— Je vais quand même tenter le coup, répondit Adam.Jesse était un peu pâle, mais ses blessures n’étaient que superficielles.Une bonne douche chaude ferait du bien à ses muscles endoloris… et il fallait absolument qu’elle prenne rapidement une douche, avant que son père retrouve assez de calme pour se rendre compte qu’il n’avait nul besoin de lui demander de qui il s’agissait : il lui suffisait de sentir l’odeur de ses agresseurs sur elle.D’un geste de la main, je congédiai toute la petite assemblée, Gabriel, Adam et les loups-garous :— Allez parler de tout ça en bas, leur dis-je.Je voudrais examiner ses bleus d’un peu plus près et m’assurer qu’il n’y a pas besoin de la faire examiner par Samuel.Je pris Jesse par la main :— On va aller dans la salle de bains d’Adam… (Je ne me souvenais pas s’il avait effectivement une salle de bains, mais je n’imaginais pas que cette maison n’ait pas une chambre de maître avec cabinet de toilette en suite et, de toute façon, il en était revenu avec un gant de toilette.) Vu qu’Adam a décidé de refaire celle-ci à sa manière…Certes, mon ton était plus moqueur que la plus élémentaire prudence l’aurait recommandé, mais, au moins, s’il s’énervait après moi, peut-être ne penserait-il pas à traquer les agresseurs de Jesse.Jesse me suivit dans le couloir plein de monde et dans la chambre de son père.Une porte ouverte semblait bien mener vers une salle de bains.J’entraînai la jeune fille dans cette direction et fermai la porte.Puis je murmurai aussi doucement que possible :— Il faut que tu prennes une douche pour te débarrasser de leur odeur avant que ton père y pense… il y a d’ailleurs probablement déjà pensé.Elle écarquilla les yeux :— Mes vêtements, aussi ? articula-t-elle.— Tout, acquiesçai-je.Elle regarda d’un air de regret ses chaussures de tennis, mais s’exécuta, entrant dans la douche entièrement vêtue.— Je vais te chercher des vêtements propres, lui dis-je.Je trouvai Adam qui m’attendait à l’entrée de la chambre.Il désigna du menton la porte fermée de la salle de bains d’où s’échappait le bruit du jet de la douche.— Et les odeurs ? dit-il.— Ses vêtements étaient vraiment très sales, lui répondis-je d’un ton innocent.Même ses chaussures…— M… (Il s’interrompit.Adam était plus vieux qu’il n’en avait l’air.De son temps, dans les années cinquante, on ne jurait pas devant les dames.) Mince.Le mot ne sembla pas le soulager autant que son équivalent vulgaire.— Palsambleu ! Nom d’une pipe ! Bon sang de bonsoir ! approuvai-je, et éclatai de rire devant son air abruti.C’était ce que mon père adoptif disait quand j’étais dans le coin.Lui aussi était un loup de l’ancienne école.Il appréciait particulièrement le « bon sang de bonsoir »… « Bon sang de bonsoir, Mercedes, même les pommes ont plus de jugeote que toi ! »Adam ferma les yeux et appuya son front contre l’encadrement de la porte.— Ça va finir par te revenir cher si tu en casses une autre, lui fis-je remarquer.Il rouvrit les yeux et me regarda fixement.Je levai les mains au ciel :— D’accord ! Si tu penses qu’il est de ta responsabilité de soutenir le syndicat des menuisiers, ça me va très bien.Ôte-toi de mon chemin, j’ai promis à Jesse de lui rapporter des vêtements propres.Il s’effaça d’une manière exagérément courtoise, mais quand je passai devant lui, il me donna une tape sur le derrière, assez fort pour me faire pousser un couinement de douleur.— Tu devrais être plus prudente, gronda-t-il.Continue à te mêler de mes affaires, et il pourrait bien t’arriver des bricoles.Je lui répondis d’un ton aussi doux que le miel en poursuivant mon chemin vers la chambre de Jesse :— Le dernier mec qui m’a donné un tel coup pourrit dans sa tombe, à l’heure actuelle.— Ce qui ne m’étonne pas du tout, répondit-il d’un ton plus satisfait que contrit.Je me tournai vers lui et affrontai son regard jaune vif :— Je pense à acheter une voiture pour les pièces détachées du 4 x 4.Il y a assez de place dans mon jardin.Un témoin non averti aurait pu penser que ma dernière réflexion n’avait rien à voir avec le sujet, mais pas Adam.Cela faisait déjà plusieurs années que je le punissais avec l’épave dont je me servais pour les pièces détachées de ma Golf.Sa chambre avait une vue imprenable sur la voiture qui ne tenait que sur trois roues et avait été à moitié désossée [ Pobierz całość w formacie PDF ]