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.Ses yeux avaient acquis leur clarté lupine, et ses bras bougèrent bizarrement alors que ses os se réalignaient sous la peau.Il secoua la tête en essayant de dissiper les effets du coup.Si elle avait été en meilleure forme, elle aurait pu l’achever alors.Mais Mary Jo fut trop lente.Il se redressa et releva les bras en position de défense au prix d’un effort visible.Puis il s’approcha lentement d’elle, implacablement, se contentant de réduire la distance entre eux en marchant.Elle donna un coup de poing en direction de sa gorge, mais il le bloqua de la main droite, avant de repousser son coude de la main gauche, la faisant pivoter avant d’écraser rudement le genou dans ses côtes blessées.Elle tomba à plat ventre sur le tapis en crachant du sang.Paul se jeta sur elle, la bloquant de tout son poids en travers des épaules.Il attrapa l’une de ses jambes et la tira en arrière, la courbant tel un arc.Il y eut une succession de petits bruits secs et Mary Jo griffa le tapis d’un air paniqué, son contrôle réduit en miettes, la louve luttant pour sa survie.— Nom de Dieu ! s’exclama Paul.Déclare forfait.Ne me force pas à te tuer.Pour une raison inconnue, je regardai Henry.Le salopard assistait à ça avec une totale absence d’expression.— Déclare forfait ! rugit Adam.Mary Jo ! Abandonne.Mary Jo frappa le tapis deux fois de la main droite.— Elle déclare forfait, dit Paul à Darryl.— Paul est vainqueur, répondit Darryl.Acceptes-tu son forfait ?— Oui, oui.— C’est terminé, déclara Darryl.Paul se laissa rouler du dos de Mary Jo et la retourna :— Des soins ! appela-t-il frénétiquement.Des soins !Quelques têtes se tournèrent vers Sam.Il resta où il se trouvait, mais je le sentais vibrer du désir d’apporter son aide.Il ferma les yeux et finit par tourner le dos à la scène.Ce fut Warren qui souleva le tee-shirt de Mary Jo et Adam qui attrapa le kit de premier secours.Je saisis le poignet de Jesse et la contraignis à rester en arrière avec moi.Il y eut bientôt tellement de monde autour de Mary Jo qu’il me fut impossible de voir ce qui se passait.— Il faut lui enlever l’os du poumon, constata Adam d’un ton ferme.Contente-toi d’ôter les esquilles.Ça repoussera.(Chez les loups-garous, la médecine était à maints égards plus simple que chez les humains, même si plus brutale.) Maintiens-la bien, Paul.Plus elle bougera, plus elle aura mal.(Puis, d’une voix plus douce :) C’est un mauvais moment à passer, ma petite.Dans une seconde, tu pourras respirer plus facilement.— Je ne l’ai pas frappée dans les côtes.— Henry l’a fait valser à travers la cuisine, intervint Auriele.Attends.Ne mets pas de vaseline partout.Juste un peu, autour de la blessure, pour sceller la compresse en Téflon, mais après, il faut mettre du sparadrap sur trois bords, et ça marchera mieux si la peau n’est pas pleine de gras.Il y eut une vague de soulagement quand ce qu’ils avaient tenté sembla fonctionner et que Mary Jo put de nouveau respirer.Les gens s’écartèrent, lui donnant un peu d’air maintenant qu’elle n’était plus en danger immédiat.Le dojo était équipé d’une civière, le genre basique, juste une armature métallique avec une toile tendue dessus et deux poignées à chaque extrémité.Alec et Auriele y firent glisser Mary Jo et la transportèrent dans la maison.Un humain mettrait un temps certain à se remettre d’un poumon perforé.Avec quelques kilos de viande crue, le poumon de Mary Jo serait probablement guéri d’ici à quelques heures, voire plus tôt.Les côtes prendraient plus longtemps pour se ressouder, quelques jours, une semaine au plus.Pas d’inquiétude concernant d’éventuelles infections ou rejets, étant donné que les organes et les os repoussaient.Henry n’avait pas bougé d’un iota.Je remarquai que certains membres de la meute lui jetaient des regards noirs.Et quand ils s’écartèrent du tapis en prévision de la bataille finale, il y avait un très net espace autour de lui… ce qui n’était pas le cas avant.Pendant que quelques loups nettoyaient le tapis, Paul revint de son côté du ring et Adam du sien.Je gardai l’œil sur Paul.Cette attaque de Mary Jo…Au début, je crus qu’il avait réussi à en dissiper les effets.Il avait eu une démarche plutôt assurée lorsqu’il était retourné de son côté du tatami.Mais pendant qu’on nettoyait le sang de Mary Jo, je le vis secouer la tête lentement et porter la main à son oreille, en évitant l’endroit où il avait été touché.Il cligna rapidement des paupières comme s’il voyait trouble.Puis il laissa échapper un long soupir continu et retrouva son équilibre.Son corps se figea et sa respiration se fit profonde et régulière.On aurait dit une statue, avec son torse luisant d’une légère sueur.Il n’y avait pas un poil de gras sur cet homme : on aurait dit le croisement entre une pub Calvin Klein et un poster de recrutement de l’Armée de Terre.On sécha autant que possible les taches humides sur le tatami et Darryl revint au centre de celui-ci.— Paul, tu persistes à défier Adam ?Il regarda Henry.— Tu as frappé Mary Jo ? demanda-t-il.Son équilibre était-il toujours précaire ? Impossible de l’affirmer.— C’était un accident, se justifia Henry.Mercy a dit… (Il me fusilla du regard.) Tu sais, une créature aussi fragile que toi devrait apprendre à fermer sa gueule, ça éviterait aux gens de prendre des coups pour toi.— Des gens qui ont autant à perdre que toi, lui répliquai-je, devraient apprendre à mieux se maîtriser.Pas très percutant comme réplique.Mais il était plus important de répondre du tac au tac que d’être vraiment spirituel.— Mary Jo s’est interposée entre moi et Henry, poursuivis-je.— Et pourtant, tu l’as quand même laissé combattre ? me demanda Paul d’un air incrédule.Tu n’as pas pensé que ça pouvait être dangereux ?— Un combat à mort, c’est dangereux, lui répondis-je.Elle savait, pour ses côtes.Et je savais que tu ne voulais pas la tuer.Il me contempla longuement.Jeta un regard meurtrier à Henry.Puis dit à Darryl :— Oui.Qu’on en finisse.Darryl s’inclina légèrement et quitta le tatami avant de dire :— Messieurs, commencez quand vous voulez.Ils commencèrent doucement.De l’autre côté du dojo, Paul fit un geste élaboré que je ne reconnus pas, un gracieux envol des avant-bras et des mains, accompagné d’un pas en avant, puis en arrière.Puis il émit un sifflement étouffé de prédateur inhumain.Adam joignit les poings devant sa poitrine, puis les baissa lentement et, sans un mot, se coula naturellement dans une garde ouverte : un salut commun, nettement plus simple et direct.Il ressemblait énormément à celui que mon sensei m’avait appris.Les cicatrices sur ses doigts se rouvrirent quand il les plia.Paul avança dans une série de pas en zigzag qui rendait sa trajectoire à travers le tapis totalement imprévisible [ Pobierz całość w formacie PDF ]