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.Tu es responsable de la mort de mon fifre et de mes nymphes.Toi ! Toi et ton chat de malheur ! Je te l’avais bien dit : les chats prismatiques sèment la malédiction sur leur passage.Regarde ce que tu as fait ! Regarde ce désastre ! Tout est ta faute !— Je n’ai…— Disparais ! Je ne veux même plus savoir qui tu es.Cela m’est égal.J’exige que tu quittes mes terres avec ton maudit chat sur-le-champ.Si jamais je te trouve encore dans ma contrée à l’aube, je jure que tu n’en sortiras pas vivant.Je te ferai jeter dans les marécages.Disparais ! Hors de ma vue !Le Maître des Eaux était au comble de la rage.Ben comprit qu’il ne pourrait jamais se disculper.L’ondin avait vu son rêve de puissance sur le point de se réaliser et le trésor qu’il convoitait lui échapper à la minute même où il allait s’en emparer.Il en imputait la faute à Ben.Que ses désirs aient été indignes, qu’il ait voulu s’approprier une créature sur laquelle il n’avait aucun droit, tout cela n’avait plus aucune importance.Le dépit l’aveuglait.Il ne voyait qu’une chose : il avait échoué et Ben portait la responsabilité de sa défaite.Ben sentit un immense dégoût l’envahir.Comment avait-il pu croire qu’un tel monstre d’égoïsme assoiffé de pouvoir lui aurait apporté son aide ?Il tourna les talons sans un mot et s’enfonça dans obscurité.GAÏÉRASes guenilles dégoulinantes de pluie, les cheveux en bataille, marchant dans la boue comme un automate, hanté par les images dantesques du massacre auquel il venait d’assister, Ben Holiday n’était plus que l’ombre de lui-même.Les nymphes brûlaient vives devant ses yeux.Leurs petits cris d’enfant au supplice lui vrillaient le crâne.Les images de Salica, du Maître des Eaux, du démon, de la licorne, émergeaient alternativement d’un torrent de couleurs et de flammes.L’émerveillement le disputait à l’horreur alors que, immergé au cœur même des plus intolérables visions de massacre, il se sentait à nouveau grisé par l’enivrante liberté d’une surnaturelle apesanteur.Il mettait un pied devant l’autre sans savoir où aller, guidé par un seul impératif : fuir, quitter cette contrée à jamais, laisser derrière lui toute cette folie meurtrière.Mais chaque pas en avant semblait l’entraîner à rebours vers le visage du Maître des Eaux, défiguré par la colère, ulcéré de voir la licorne noire lui échapper ; vers la gueule au souffle mortel du monstre ailé, arrêté dans sa course par l’éclat du pendentif, comme s’il obéissait à quelque mystérieuse injonction émanant… Ou du pendentif lui-même, semblait-il… ou du personnage qu’il représentait…Bon sang ! Que s’était-il donc passé ? Le serpent-loup se ruait sur lui, prêt à le réduire en cendres et, tout à coup, il s’était arrêté, comme s’il avait buté contre un mur.Était-ce vraiment le fait de l’amulette que Meeks lui avait donnée ? Était-ce en le voyant lui, ou Edgewood Dirk, ou Dieu seul sait qui, que le monstre avait tourné bride ?Le Maître des Eaux, quant à lui, semblait persuadé que le pendentif était responsable de ce stupéfiant revirement.Il était convaincu que la bête et l’amulette étaient liées d’une façon ou d’une autre.La bête, l’amulette et Meeks, bien entendu.Ben frissonna.Ce n’était pas impossible.L’image du sorcier aurait très bien pu suffire à détourner le démon.Mais alors…Ben s’immobilisa, horrifié.Mais alors, cela signifierait que Meeks avait conjuré la bête de se manifester, comme lui-même pouvait autrefois invoquer le Paladin.Et pourquoi pas ? Le sorcier n’avait-il pas déjà convoqué tous les démons d’Abaddon à la mort du vieux roi ? Ben se remit en marche.Oui, bien sûr.Ce ne pouvait être que Meeks.Il avait appelé le monstre à la rescousse pour empêcher le Maître des Eaux de capturer la licorne noire [ Pobierz całość w formacie PDF ]