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.Dans l’angle intérieur de ce coin arrondi, au point où la côte s’orientait vers l’ouest, on voyait un petit rectangle nommé Square Tower – la Tour carrée.Puis plus rien, pas même un hameau, sur un mille vers l’ouest, jusqu’à un promontoire qui entrait dans la mer sur deux cents mètres.Une petite étoile, et un nom : Fort de La Convention.Il était de la même forme que l’île, sauf que la « poire », ici, n’était pas tombée tout à fait à l’extérieur du continent.Ces deux poires – Saint-Jacques et La Convention – étaient distantes d’un peu moins de deux milles.Chaulieu se trouvait entre les deux, à l’embouchure d’un modeste cours d’eau, la Divonne.Au Moyen ge, cela avait été un port important, mais il s’était envasé.Et les célèbres hauts-fonds de la baie avaient contribué à décourager un peu plus le commerce.Mais le port présentait des avantages.Il était abrité des vents d’ouest par l’île, et des vents du nord par les bancs de sable.Grâce aux fortes marées, les rades restaient utilisables, et le gouvernement français, depuis quelques années, nettoyait le port, édifiait un imposant brise-lames pour le protéger du noroît, et draguait les chenaux.Les travaux s’étaient poursuivis durant la Paix d’Amiens : Chaulieu, ranimé, serait un refuge précieux pour la flotte d’invasion de Bonaparte quand celle-ci remonterait la côte depuis chaque port, chaque village de pêcheurs (de Brest à Biarritz) pouvant fournir le moindre lougre – quand la Flotte, enfin, rallierait ses points de rassemblement, Étaples, Boulogne, Wimereux et autres.Il s’y trouvait déjà plus de deux mille de ces allèges, canonnières et navires de transport, et Chaulieu en avait construit une douzaine.— Voilà où se trouvent leurs cales, dit Goodridge, en montrant l’embouchure de la petite rivière.Et voilà où ils font l’essentiel de leur dragage et de leur maçonnerie, juste à l’intérieur de la jetée du port.Cela le rend presque inutilisable pour le moment, mais cela ne les dérange pas.Ils peuvent mouiller en toute sécurité dans la rade intérieure, sous La Convention.Ou bien dans la rade extérieure, sous la protection de Saint-Jacques, sauf quand les vents soufflent du noroît.Mais j’y pense… Je crois que j’ai des gravures.Oui… Les voici.Il sortit un volume de forme bizarre, montrant de longs segments de la côte vue du large.Une demi-douzaine par page.Une côte basse et monotone, sans rien d’autre que ces curieuses éminences crayeuses de part et d’autre du misérable village.Elles étaient l’une et l’autre d’une belle hauteur et, comme il le vit en observant de près, chacune était couronnée par la marque omniprésente de l’industrieux Vauban.— Vauban, c’est comme la graine d’anis dans la pâtisserie, dit Stephen.Un peu, c’est excellent.Mais on en attrape vite la nausée… Ah ! Ces espèces de poivriers, partout, de l’Alsace au Roussillon !Il revint à la carte.Il était évident que la rade intérieure, qui commençait aux limites du port et s’étendait vers le nord-est devant La Convention, était protégée par deux longs bancs de sable situés à un demi-mille de la côte : West Anvil et East Anvil.Il était tout aussi évident que la rade extérieure, parallèle à la première, mais côté mer par rapport aux Anvils, était abritée à l’est par l’île et au nord par le haut-fond de Old Paul Hill.Ces deux bons mouillages coupaient la carte en diagonale, du coin inférieur gauche au coin supérieur droit, et ils n’étaient séparés que par les Anvils.Tandis que la rade intérieure avait à peine plus d’un demi-mille de large sur deux milles de long, l’autre représentait une belle surface, sûrement deux fois plus étendue que l’autre.— Il est curieux que ces bancs portent des noms anglais, dit Stephen.C’est fréquent ?— Oh oui ! Nous considérons comme nôtre tout ce qui appartient à la mer… Pour nous, Setubal s’appelle St-Ubes, La Coruña est The Groyne, et tout à l’avenant.Celui-ci, nous l’avons baptisé le Galloper, en référence au nôtre, car ils ont plus ou moins la même forme.Et ceux-ci, ce sont les Anvils[7] parce que par vent de nord-ouest, quand la marée monte, les lames viennent les marteler, l’une après l’autre, en cadence, comme un forgeron.J’y suis entré, en 1788 ou 1789, à bord d’un cotre, par le Goulet.(Il désigna l’étroit passage qui séparait l’île du continent.) Il y avait un vent de noroît, dans la rade intérieure, et les embruns nous tombaient dessus, des hauts-fonds, avec une telle violence qu’on pouvait à peine respirer.— Cet ensemble de bancs de sable et de caps présente une symétrie troublante.Peut-être y a-t-il un rapport.Quel labyrinthe de chenaux ! Comment allez-vous nous y faire entrer ? Pas par le Goulet, je présume, il est beaucoup trop près du fort… Mais je n’aurais pas dû parler de cap.Elle en a bien l’air, sur la gravure, si on la regarde de front, mais c’est bien une île.— Cela dépend du vent, bien entendu.Mais s’il souffle un tant soit peu du nord, j’aimerais que nous suivions le chenal entre le Galloper et Morgan’s Knock jusqu’à la rade extérieure, que nous passions devant Saint-Jacques… Après quoi nous passerions entre les Anvils, ou bien nous doublerions la queue de West Anvil pour déboucher sur l’entrée du port.Puis nous sortirions avec le jusant, à la grâce de Dieu ! par le Ras du Point – ici, au-delà d’East Anvil –, pour filer au large avant que La Convention ne fracasse nos mâts.Ils ont monté des pièces de quarante-deux livres.Une puissance terrible ! Nous devons entamer notre entrée pendant la première moitié de la marée montante, vous comprenez, pour pouvoir nous libérer si nous touchons le fond, et faire ce que nous avons à faire à marée haute [ Pobierz całość w formacie PDF ]