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.Mais, ce que nous avons fait dans ces conditions, un autre l’a fait aussi, espérant qu’on ne l’irait pas chercher au milieu d’une troupe de saltimbanques.C’est un Russe, qui n’a pas plus que nous le droit de rentrer en Russie, bien que ce soit pour d’autres motifs, un condamné politique de grande naissance et de grande fortune.Or, son secret, qui n’est connu que du sieur Cascabel et de sa femme, nous sommes parvenus à le découvrir.– Et comment ?.– Un soir à Mouji, une conversation que nous avons entendue entre le Cascabel et le Russe !– Et il s’appelle ?.– M.Serge pour tout le monde.En réalité, c’est le comte Narkine, et il y va de sa vie, s’il est reconnu sur le territoire moscovite.– Attendez donc ! dit Rostof.Ce comte Narkine, n’est-il pas le fils du prince Narkine, qui a été déporté en Sibérie, et dont l’évasion a fait tant de bruit, il y a quelques années ?.– Précisément, répondit Ortik.Eh bien ! le comte Narkine a des millions, et je pense qu’il n’hésitera pas à nous en donner au moins un.sous la menace d’être dénoncé !– Bien imaginé, Ortik ! Mais pourquoi as-tu besoin de nous pour exécuter ce plan ? demanda Rostof.– Parce qu’il importe que Kirschef et moi n’ayons pas paru dans cette première affaire, dans le cas où elle échouerait, afin de nous rattraper sur la seconde.Pour qu’elle réussisse, pour que nous puissions nous emparer de l’argent et de la voiture des Cascabel, il faut que nous restions les deux naufragés russes, qui leur doivent leur salut et leur rapatriement.Et alors, après nous être débarrassés de cette famille, nous pourrons courir les villes et les campagnes sans que la police s’avise de venir nous chercher sous l’habit de saltimbanques !– Ortik, veux-tu que nous attaquions, cette nuit même, que nous nous emparions du comte Narkine, que nous lui fassions savoir à quelles conditions on ne dénoncera point son retour en Russie ?.– Patience.patience ! répondit Ortik.Puisque le comte Narkine a l’intention de revenir à Perm, afin d’y revoir son père, mieux vaut le laisser arriver à Perm.Une fois là, il recevra un mot qui le priera – affaire très pressante – de se rendre à une entrevue, où vous aurez le plaisir de faire sa connaissance.– Ainsi, rien à tenter maintenant ?.– Rien, dit Ortik, mais faites en sorte de nous précéder, sans vous laisser voir, et de manière à être un peu avant nous au rendez-vous de Perm.– C’est convenu ! » répondit Rostof.Et ces malfaiteurs se séparèrent, n’ayant aucun soupçon que leur conversation eût été surprise par Kayette.Ortik et Kirschef rentrèrent au campement quelques instants après elle, persuadés que personne ne s’était aperçu de leur absence.Maintenant Kayette connaissait le plan de ces misérables.En même temps, elle venait d’apprendre que M.Serge était le comte Narkine, dont la vie était menacée comme celle de ses compagnons ! L’incognito qui le couvrait allait être dévoilé, s’il ne consentait à livrer une partie de sa fortune !Kayette, terrifiée de ce qu’elle venait d’entendre, fut quelques instants à se remettre.Résolue à déjouer les manœuvres d’Ortik, elle chercha comment elle pourrait y parvenir.Quelle nuit elle passa, en proie aux plus vives inquiétudes, se demandant si ce n’était point un mauvais rêve qu’elle avait fait !.Non ! c’était bien une réalité.Et elle n’en put douter, quand, le lendemain matin, Ortik dit à M.Cascabel :« Vous savez que Kirschef et moi, nous avions l’intention de vous quitter de l’autre côté de l’Oural, afin de nous rendre à Riga.Mais nous avons réfléchi que mieux valait vous suivre jusqu’à Perm, où nous prierons le gouverneur de prendre des mesures pour notre rapatriement.Voulez-vous nous permettre de continuer le voyage avec vous ?.– Avec plaisir, mes amis ! répondit M.Cascabel [ Pobierz całość w formacie PDF ]