[ Pobierz całość w formacie PDF ]
.Il semblait méfiant et agressif, très différent de l’homme qu’elle avait rencontré la première fois.Il était plus dur, plus sombre.À cause de moi.Ses lèvres étaient encore douloureuses de son baiser puissant, avide, et lui rappelaient sans arrêt ce qu’il avait l’intention de lui faire le soir même.Et comment réagirait-elle quand il essaierait ? Dans la cabine, quand elle s’était changée, elle avait lu le ravissement dans ses yeux, comme si elle déballait le cadeau le plus merveilleux de la terre.À sa grande surprise, elle avait ressenti quelque chose elle aussi, avait trouvé… érotique de se déshabiller sur commande.Une femme soumise sommeillait-elle en elle, qui se battait pourtant depuis un millénaire pour tenter de dominer tous ses opposants ? Tous, sauf MacRieve ? Hou là, c’est le délire total.— Nous faisons route vers le sud, vers la source de l’Amazone, continua Travis.Ensuite, nous emprunterons le San Miguel, un affluent qui nous mènera jusqu’aux endroits les plus reculés du bassin amazonien.Nous avancerons au moteur jusqu’à ce que le fleuve soit trop étroit.Nouvelle gorgée.— Comme nous nous enfonçons dans un territoire vierge, ce voyage se prête à plusieurs disciplines.Tout le monde ici travaille dans des domaines différents, donc il ne devrait pas y avoir trop de concurrence.D’un geste négligent, il indiqua la jeune femme à côté de lui.— Ça, c’est ma cuisinière.De taille moyenne, avec des yeux noisette pétillants, elle ne devait pas avoir plus de dix-neuf ans et était charmante, malgré la chemise informe et le large pantalon de toile serré par une ceinture qui constituaient sa tenue.— Salut, je m’appelle Izabel Carlotta Ambos, dit-elle en faisant un petit coucou de la main à l’auditoire.C’est moi qui préparerai vos repas.Mon bife a cavalo est deliciosa, et si vous me fournissez en poisson frais, je vous garantis de vrais festins.MacRieve se redressa, séduit par cette perspective.— Certains d’entre vous ont déjà rencontré mon frère jumeau, Charlie.Même accent brésilien, mêmes yeux noisette.Izabel lui sourit, et Lucia lui adressa un sourire forcé en retour.Oh non, elle ne va pas me faire le coup des deux seules filles qui vont se serrer les coudes sur ce bateau bourré de mecs.Elle n’avait nullement besoin de se faire une « copine ».Surtout pas une copine humaine.Par ailleurs, il y avait quelque chose de bizarre chez cette fille, mais Lucia n’arrivait pas à mettre le doigt dessus.Peut-être Izabel avait-elle dans ses ancêtres une créature du Mythos.Ou peut-être était-elle cent pour cent humaine, mais victime d’un sort quelconque.Quelque chose clochait, en tout cas.— Oui, effectivement, dit le capitaine.Chuck est mon bras droit.Vous ferez sa connaissance un peu plus tard.Izabel et lui ont rejoint l’équipage du Contessa récemment, et ce voyage est le dernier d’une longue période d’essai.S’ils ne sont pas à la hauteur, faites-le-moi savoir.Bon, sinon, certains d’entre vous se connaissent déjà, mais la coutume veut que, sur ce bateau, les passagers se présentent les uns aux autres.Qui vous êtes, ce que vous étudiez, et pourquoi vous êtes ici, en gros.— Bien, dit l’homme au teint pâle, je vais commencer, alors.Il avait un accent de la côte Est, élégant et raffiné.Le haut du panier.— Je m’appelle Benjamin Rossiter, j’enseigne la chimie végétale à l’université Cornell.Je suis ici à la recherche de plantes encore non cataloguées, dans l’espoir de découvrir de nouvelles molécules à destinée pharmaceutique.Il avait une allure décontractée, mais de grands cercles noirs assombrissaient son regard bleu, et des gouttes de sueur perlaient au-dessus de sa lèvre supérieure.— L’homme n’a, jusqu’à présent, identifié qu’un pour cent des plantes médicinales présentes dans le bassin amazonien, or cet infime pourcentage est utilisé dans vingt-cinq pour cent de nos médicaments.Cette région du monde abrite un potentiel quasi inconcevable.Et je vais m’arrêter ici pour ne pas provoquer une somnolence générale, conclut-il avec un sourire en coin, en levant une main.Ce type a visiblement d’importants financements derrière lui.Alors, que fait-il sur un rafiot comme le Contessa ?L’homme brun et séduisant prit la parole à son tour.— Je m’appelle Marcos Damiâno, je dirige le département d’anthropologie sociale à l’université de São Paulo.Si Lucia avait des hésitations quant aux éventuels liens d’Izabel avec le Mythos, elle était en revanche certaine que Damiâno en avait.— Ma spécialité est le chamanisme indigène, et je suis à la recherche de tribus encore inconnues.— Si elles sont inconnues, elles doivent avoir envie de le rester, non ? remarqua MacRieve, les bras croisés.Lucia lui donna un coup de coude, auquel il répondit par un grognement.Damiâno eut un sourire pincé, mais son regard d’un vert lumineux, lui, ne souriait pas.— Beaucoup de grandes compagnies pétrolières ont des vues sur ces territoires reculés et déclarent à tort qu’ils sont inoccupés.Il est donc probable que ces tribus, si elles existent, ne resteront pas inconnues, qu’elles le veuillent ou non.L’objectif de mon expédition est de prendre des photos de ces tribus, à distance, pour prouver leur existence, ce qui mettrait un terme à l’exploitation pétrolifère sur leurs terres.Je vous passe le relais, professeur Schecter ? dit-il au type à l’épi assis à côté de lui.— Oui, oui.Je suis le professeur Clarence Schecter, et j’enseigne la zoologie à l’université de San Diego.Il retira ses lunettes et les nettoya avec un pan de sa chemise.— J’étudie plus particulièrement les espèces de reptiles encore intactes.— Intactes ? demanda Rossiter en haussant les sourcils.— Oui.Quand l’homme chasse, il sélectionne les plus gros spécimens d’une espèce.Avec le temps, l’espèce devient plus petite.Donc, plus nous allons profondément dans la jungle, plus nous avons de chances de trouver des spécimens d’eau douce plus grands que la normale.Tous ne parlaient que d’aller plus profondément dans la jungle.Lucia n’allait peut-être pas devoir se débarrasser d’eux aussi vite qu’elle le pensait.— Que voulez-vous dire par « plus grands que la normale » ? ironisa MacRieve.La norme, ici, ce n’est pas exactement le petit format.Il avait dit qu’il aurait aimé ne jamais avoir à revenir ici, se rappela Lucia.Combien de temps avait-il passé dans la région ? Et pour quelle raison ?— C’est vrai, confirma le capitaine.Des animaux géants, j’en vois tous les jours.Des tarentules avec un corps charnu de la taille d’une assiette.Des scorpions de trente centimètres.Des crocos de six mètres.Les loutres géantes, et même les poissons-chats, atteignent sans problème les deux mètres cinquante.— Et par « crocos », je suppose que vous voulez parler des crocodiliens appelés caïmans ? répondit le professeur Schecter d’un ton docte.Travis haussa les épaules.— Dans d’autres régions, poursuivit Schecter, des fossiles de caïmans de plus de douze mètres de long ont été découverts.Mais ces derniers ont été chassés jusqu’à extinction [ Pobierz całość w formacie PDF ]