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.Toutefois, cette noise même ne dura que le temps de la première et deuxième question de la reine-mère, lesquelles lui parurent, comme àFogacer et à moi-même, plus sottes que venimeuses.Tout changea, quand il fut question d'arquebusade et de coup de hallebarde.Le cuiller lui tomba des mains dans la soupe, et il p‚lit en son ire, le visage crispé, les lèvres tremblantes, les yeux lançant des éclairs.Toutefois, cette colère blême ne dura que peu.Louis se reprit, le sang lui revint aux joues, et il dit d'une voix sourde- De toutes les cabales qui me font des complots, c'est celle de la reinemère qui me donne le plus de tracassin.Elle est pour mon malheur et pour le sien vindicative à l'excès, et n'ayant pas l'ombre d'une jugeote, ses erreurs ne lui apprennent rien.Elle fonce, elle ne rencontre que le vide, et elle recommence.Sioac ! Avez-vous jamais ouÔ parler d'une pareille folie ? Une reine-mère rêvant d'assassiner le ministre de son fils, le meilleur serviteur qu'il e˚t jamais !Louis parut alors se perdre, les yeux mi-clos, en des songeries mélancoliques dont il ne saillit que pour dire àBeringhen : "Enlève-moi cette écuelle.Je n'ai plus faim.227Puis il soupira et dit, comme se parlant à lui-même : " Il faudra bien pourtant qu'un jour je mette fin à ces extravagances.>>¿ peine fus-je hors l'évêché que je vis mon équipage au complet qui m'attendait, et Fogacer nous guida jusqu'à mon nouveau logis qui me parut petit, mais fort plaisant.J'y vis Nicolas, allant et venant, l'air très malengroin, portant assiettes et couverts sous la houlette de l'hôtesse qui me parut, comme sa demeure, petite, plaisante et l'oeil fort fripon.Elle m'expliqua qu'elle venait de renvoyer valet et soubrette pour < insolence, paresse et lascivité ".Ce dernier mot me donna à penser que la soubrette, ayant du go˚t pour le valet, avait, se peut, perdu les bonnes gr‚ces de sa maîtresse en marchant sur ses brisées.eMe voilà donc, dit l'hôtesse, comme navire désemparé, et j'aurais été bien en peine, si Monsieur de Clérac n'avait consenti à m'aider dans mes humbles t‚ches domestiques avec beaucoup de bonne gr‚ce."Nicolas l'aidait, en effet, mais que ce f˚t de bonne gr‚ce, j'en doutais fort.Il était bien plutôt humilié de porter des assiettes au lieu que de bichonner nos chevaux et de vérifier leurs fers.Cependant, il ne laissait pas de jeter des regards mécontents à la ronde, tantôt sur Saint-Martin -trouvant que nous faisions trop de cas de " ce petit pimpésoué " -, tantôt à moi-même, parce que de Paris à Lyon je n'avais pas une seule fois admis mon écuyer dans ma carrosse, comme j'en avais l'habitude, alors que durant tout ce voyage, ce "petit pucelet de merde" s'était aparessé avec nous sur les coussins.Je ne lui donnais pas tort.Mais comment Fogacer aurait-il pu me redire la redisance que l'on sait devant un écuyer qui avait, lui, l'oreille fort bonne, et aimait fort en user ?Notre hôtesse, qui se nommait Madame de Monchat, 228présida notre table au souper et parut fort aise d'avoir à elle seule en son logis tant d'hommes à la fois, dont l'un, comble de bonheur, était chanoine, ce qui plaçait, si je puis dire, le remède à côté du mal, car si notre bonne dame de Monchat succombait au mitan de la nuit obscure à la tentation, elle pourrait, dès l'aurore, confesser sa faiblesse au chanoine Fogacer, et la conscience fraîchement lavée, commencer une nouvelle journée sans tache ni macule.La pauvrette, hélas, ne se doutait pas que des quatre hommes qui se trouvaient là, deux n'aimaient pas les femmes, et les deux autres qui les aimaient prou, avaient fait voeu d'être fidèles à leurs épouses.…tant las de ce long voyage, je me préparais à m'ococouler sur ma couche, derrière les courtines, tout au long d'une longuissime nuit.Mais il n'en fut rien, car à la pique du jour un garde du cardinal vint toquer à l'huis pour dire que Son …minence m'attendait sur le coup de huit heures en son logis, ayant besoin de mon truchement en italien.Morbleu! m'apensai-je en me tirant de ma couche tout en pestant contre qui vous savez, et o˘ diantre à cette heure est le comte de Sault qu'il faille que je le remplace au pied levé ! Et avec quelle mauvaise gr‚ce il se leva, ce pied, je vous le laisse, lecteur, à penser.Ce n'était guère dans la manière du cardinal de s'excuser pour avoir fait lever un duc et pair aux aurores.Néanmoins, il voulut bien m'expliquer que le comte de Sault, souffrant depuis Paris d'une molaire, s'était enfin décidé à la faire arracher à Lyon, son hôtesse lui ayant affirmé qu'elle connaissait en sa ville un barbier aussi renommé pour sa douceur que pour son adresse.Or, un truchement était, ces m‚tines, indispensable au cardinal, car il allait accueillir le légat du pape, Barberini, accompagné de son secrétaire Mazarini 1, lequel, poursuivit le cardinal, est " le plus beau génie et celui des deux qui entre le plus heureusement dans les négociations ".Mazarini,1.Mazarin.229il est vrai, gazouillait assez joliment le français, mais point du tout Barberini à qui Mazarini traduisait au fur et à mesure ce qui se disait entre le cardinal et lui [ Pobierz całość w formacie PDF ]