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.les flancs de la falaise se dressaient de plus en plus de chaque côté.Les pentes étaient si douces que lorsqu’elle se tint au fond de la vallée, elle n’eut pas le sentiment d’être prisonnière des falaises abruptes.Tout autour d’elle flottaient des océans d’ombre ; de grandes fleurs blanches s’inclinaient et murmuraient vers elle.Choisissant une direction au hasard, elle écarta les feuillages de ses mains délicates, prêtant l’oreille au chuchotement du vent parmi les frondaisons.Elle ressentit un plaisir enfantin en entendant le léger clapotis d’un ruisseau invisible.Elle marchait comme au sein d’un rêve, en proie à une étrange chimère.Une seule pensée se présentait constamment à son esprit : ici elle était en sûreté, à l’abri de la brutalité des hommes.Elle se mit à pleurer : c’étaient des larmes de joie.Elle s’allongea à plat ventre sur le sol et saisit l’herbe molle à pleines poignées comme si elle voulait serrer contre son sein son refuge si récent et le garder là, pour toujours.Elle cueillit des pétales de fleurs et en fit une guirlande qu’elle posa sur ses cheveux blonds.Leur parfum était en harmonie avec tout ce qui se trouvait dans la vallée, propice au rêve, subtil, enchanteur.C’est ainsi qu’elle arriva dans une clairière, au milieu de la vallée.Elle aperçut une grande pierre, comme taillée par des mains humaines, ornée de fougères, de plantes et de couronnes de fleurs.Elle s’arrêta pour la contempler.le mouvement et la vie l’entourèrent.Se retournant, elle vit des silhouettes surgir des zones d’ombres plus denses.des femmes brunes et élancées, au corps nu et souple.Des fleurs ornaient leurs chevelures noires comme la nuit.Telles des créatures de rêve, elles s’approchèrent et l’entourèrent, sans prononcer un seul mot.Pourtant, elle fut prise de terreur en voyant leurs yeux.Ils étaient lumineux et brillaient sous la lueur stellaire.et n’étaient pas humains.Les formes étaient humaines, mais un étrange changement s’était opéré dans leurs âmes.un changement que reflétaient leurs yeux étincelants.La peur submergea Livia comme une vague.Le serpent dressait son horrible tête dans le Paradis qu’elle venait de découvrir.Elle ne pouvait fuir.Les femmes brunes et souples l’entouraient.L’une d’elles, encore plus belle que les autres, s’approcha silencieusement de la jeune fille tremblant de peur et l’enlaça dans ses bras délicats et lisses.Son souffle exhalait le même parfum que les fleurs blanches s’inclinant gracieusement sous la clarté stellaire.Ses lèvres pressèrent celles de Livia, en un long et terrifiant baiser.L’Ophirienne sentit un froid mortel la pénétrer et irradier dans ses veines ; semblable à une statue de marbre blanc, elle restait figée entre les bras de sa ravisseuse, privée de parole et de mouvement.Des mains rapides et douces la soulevèrent et la couchèrent sur la pierre de l’autel, parmi un lit de fleurs.Les femmes brunes se prirent par la main, formant un cercle ; elles se mirent à danser avec légèreté autour de l’autel, en une cadence grave et mystérieuse.Jamais le soleil ou la lune ne contempla une pareille danse.Les grandes étoiles devinrent encore plus blanches et brillèrent d’un éclat accru comme si la noire sorcellerie de ces pas obtenait une réponse de la part des choses cosmiques et élémentaires.Un chant s’éleva lentement ; en comparaison, le murmure du ruisseau lointain était plus humain.Un bruissement de voix ressemblant au chuchotement des fleurs qui ondoyaient sous les étoiles.Livia était allongée sur la pierre, consciente mais incapable de bouger.Il ne lui vint pas à l’esprit de douter de sa raison.Elle ne cherchait pas à raisonner ou à analyser ; elle existait et ces étranges créatures dansant autour d’elle existaient également ; cette sourde compréhension de l’existence et l’évidence de la réalité de ce cauchemar prirent possession d’elle tandis qu’elle était étendue sur l’autel, impuissante.Ses yeux étaient levés vers le ciel encombré d’étoiles d’où – elle le savait d’une manière étrange, avec une certitude dépassant la simple connaissance des mortels – quelque chose allait descendre vers elle, comme cela était descendu, il y avait des éons, pour faire de ces femmes nues et brunes les créatures sans âme qu’elles étaient à présent.Au début, très haut dans le ciel, elle aperçut un point noir parmi les étoiles.Ce point grandit, grossit ; cela se rapprochait ; cela se gonfla, prit l’apparence d’une chauve-souris.Cela grandissait toujours, sans que sa forme change pour autant, du moins pas dans des proportions notables.Cela planait au-dessus d’elle, au sein des étoiles, tombait droit vers la terre en déployant ses ailes, recouvrait Livia de son ombre.Autour d’elle, le chant montait et s’enflait, se transformant en un péan triomphal, vibrant d’une joie impie.C’était le salut au dieu qui venait prendre cette nouvelle victime sacrifiée en son honneur.aussi fraîche qu’une fleur dans la rosée de l’aube [ Pobierz całość w formacie PDF ]