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.— Je ne vous souhaite pas de vivre ce que j’endure depuis une semaine, monsieur Teone.Je pense savoir ce que le mot « danger » veut dire.Mieux que personne dans cette pièce.Marcas prit la main de la jeune femme.— Il cherche seulement à t’aider.— Et je ne voulais en rien vous froisser, ajouta Teone.— Laissez tomber tous les deux.J’irai à la rencontre de Dionysos.Point final.Un silence s’installa.L’Italien se cala sur sa chaise.— Comme vous voudrez.Je reprends.L’idée serait de vous introduire dans la soirée.Je connais le patron du magasin de location de costumes.Il me donnera une copie de la liste des invités du couturier à qui il doit faire livrer les tenues.J’ai aussi quelques amis précieux dans la police vénitienne.Je mettrai dans la confidence un capitaine de la criminelle.— Un frère ?— Prince de Jérusalem, pour être exact.— Seizième degré, non ?— Bravo.Donc, en lui faisant miroiter l’arrestation du responsable du massacre de Cefalù, je pourrai le convaincre de mettre quelques-uns de ses hommes en alerte sur un bateau à proximité de l’île.Il vous suffira seulement d’identifier Dionysos puis de les prévenir.Le visage d’Anaïs s’éclaircit.— Ça peut marcher.Il faudrait aussi avoir des cartons d’invitation.On ne pourra pas rentrer uniquement parce qu’on est déguisés.Teone sourit.— J’ai mon idée là-dessus ! Ah ! Notre frère commun à Paris m’a aussi demandé les coordonnées d’un spécialiste de Casanova.Pourquoi ? Il n’en manque pourtant pas à Venise.Marcas repensa à la confession de Manuela Réal.Si elle disait vrai, Dupin et ses affidés se voulaient les héritiers occultes du séducteur vénitien.Une information sensible qu’il n’avait pas envie de partager.Du moins pour le moment.— Il semble qu’Henry Dupin s’intéresse beaucoup à Casanova.Ça pourrait être une piste.— Un peu faible comme indice, commissaire ! Ici, à Venise, il y a en permanence une dizaine de casanovistes qui passent leur temps à fouiller les archives.De vrais rats de bibliothèque.— Alors donne-moi le meilleur !— Alors le plus sérieux : André del Sagredo.Il travaille à la Fondation Finni.La plus renommée des bibliothèques privées de Venise.Et il fait autorité pour Casanova.Je peux le contacter rapidement si vous voulez.— Oui, je voudrais le voir le plus vite possible.— Ce sera fait ! Je dois vous laisser maintenant.Un portable est à votre disposition dans le tiroir de la petite commode dans l’entrée.Le code est scotché à l’intérieur.Quant à vos chambres, elles sont prêtes.— Merci pour votre aide.— Je vous en pr ie.Ça me rappelle le bon vieux temps des opérations tordues.Et puis je ne renie jamais mon serment d’aider un frère dans la détresse.À demain.Anaïs salua poliment l’Italien qui s’éloigna dans l’entrée, suivi de son homme de main.Au moment où il fermait la porte, sa voix jaillit en sourdine :— J’avais oublié.Vous avez failli croiser Dupin à l’aéroport.Il est arrivé par le vol de Paris une heure plus tôt.58VeniseLa matinée était largement avancée quand Marcas se réveilla, le dos encore courbaturé.Sa première nuit de calme après les événements de Grenade.Ils avaient dormi dans des chambres séparées, bien que Marcas eût secrètement préféré partager le même lit.Il se souvenait encore de l’émoi ressenti à son réveil près de l’auberge en ruine.Mais il se serait senti honteux de profiter de la situation.Quand il rentra dans le salon, il vit Anaïs assise dans le fauteuil, les pieds posés sur une chaise.Une tasse de café à côté d’elle, elle lisait attentivement le dossier sur Henry Dupin.Elle leva la tête en entendant le policier.— Bonjour.Tu es une vraie marmotte.— À mon âge avancé, on a besoin de se reposer longtemps.Elle sourit.Antoine aimait ce sourire.— Le vieil Antoine veut-il un café ? Il en reste à la cuisine.Teone a appelé tout à l’heure.Il a calé le rendez-vous avec le spécialiste de Casanova dans une heure au café.— Ne dis rien.café Casanova ?— Ce Teone a beaucoup d’humour, ajouta la jeune femme qui s’étira longuement.Et beaucoup de charme aussi.— C’est ton type d’homme ? Les tempes grisonnantes, des manières d’un autre temps.La figure du père, répondit Marcas trop rapidement.Elle se redressa et sourit à nouveau.— Mon petit commissaire est jaloux.C’est mignon tout plein [ Pobierz całość w formacie PDF ]