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.Dans mes veines coule le sang de Pashtar Sen, de Cyrios le Seigneur des Batailles, et Mechan Sen, qui traversa le Pont de la Mort.Je suis Gorben !Le nom résonna dans la nuit, et les hommes se figèrent comme envoûtés.Même Shabag sentit les poils de sa peau malade se hérisser.Druss rentra dans le cercle et contempla les rangs ennemis.Il y avait une sorte de folie divine dans cette scène, ce qui l’amusa énormément.Il avait été furieux quand Gorben s’était présenté au port pour prendre la tête des troupes, et deux fois plus quand celui-ci lui avait annoncé qu’il y aurait un changement au programme.— Qu’est-ce qui cloche avec notre plan ? avait demandé Druss.Gorben avait gloussé et pris Druss par le bras, pour l’emmener hors de portée d’oreille des hommes qui attendaient.— Le plan est très bon, guerrier-à part sa finalité.Tu souhaites détruire les tours.Admirable.Mais ce ne sont pas les tours qui détermineront le succès ou l’échec de ce siège ; ce sont les hommes.Donc, ce soir, nous n’allons pas essayer de les blesser, nous allons essayer de les vaincre.Druss avait gloussé à son tour.— Deux cents contre vingt-cinq mille ?—Non.Un contre un.Il avait expliqué sa stratégie point par point, et Druss avait écouté respectueusement, sans rien dire.Le plan était audacieux et périlleux.Druss l’avait adoré.Et la première phase avait été menée à bien.Shabag était encerclé par l’ennemi et écoutait Gorben haranguer les troupes.Et c’était là le moment crucial.Le succès et la gloire, ou l’échec et la mort ? Druss ne pouvait le dire, mais il sentait bien que la stratégie tenait sur le fil d’un rasoir.Si Gorben prononçait un mot de travers, la horde se jetterait sur eux.— Je suis Gorben ! rugit une fois de plus l’empereur.Et vous avez tous été embarqués dans cette traîtrise par ce… misérable derrière moi.(Il agita sa main avec mépris en direction de Shabag.) Regardez-le ! Immobile comme un lapin apeuré.Est-ce cet homme que vous vouliez mettre sur le trône ? Cela ne sera pas facile pour lui, vous savez.Il va falloir qu’il gravisse les marches royales.Comment va-t-il s’y prendre, avec les lèvres collées au cul d’un Naashanite ?Un rire nerveux s’éleva des rangs.— Oui, ce serait amusant, convint Gorben, si la situation n’était pas si tragique.Regardez-le ! Comment des guerriers peuvent-ils suivre une telle créature ? Mon père l’a élevé à de hautes fonctions.Il lui faisait confiance ; et il a trahi l’homme qui l’avait aidé, qui l’aimait comme un fils.Et non content d’avoir causé la mort de mon père, il a fait tout ce qui était en son pouvoir pour plonger la Ventria dans le chaos et la destruction.Nos cités sont en flammes.Notre peuple est réduit en esclavage.Et pour quelle raison ? Pour que ce rongeur tremblotant passe pour un roi.Pour qu’il puisse ramper à quatre pattes aux pieds d’un éleveur de chèvres naashanites.Gorben scruta les rangs.— Où sont les Naashanites ? cria-t-il.Une clameur monta de l’arrière des troupes.— Ah, oui, dit-il, dans notre dos, comme toujours !Les Naashanites se mirent à protester, mais leurs cris furent couverts par les rires des hommes de Shabag.Gorben leva les mains pour demander le silence.— Non ! gronda-t-il.Laissez-les parler.Ce n’est pas charitable de se moquer des autres parce qu’ils n’ont pas votre talent, votre sens de l’honneur, votre respect de l’histoire.J’avais un esclave naashanite – il s’est enfui avec une des chèvres de mon père.Mais pour sa défense, je dois avouer une chose : il a choisi la plus jolie ! (Un mur de rire s’éleva, et Gorben attendit qu’il retombe.) Ah, mes amis ! Que sommes-nous en train de faire à ce pays que nous aimons tant ? Comment avons-nous pu laisser les Naashanites violer nos sœurs et nos filles ? (Un silence angoissant tomba sur le camp.) Eh bien je vais vous le dire.Ce sont des hommes comme Shabag qui leur ont ouvert les portes.« Venez », leur a-t-il proposé, « et faites ce que vous voulez.Je serai votre chien.Mais je vous en supplie, par pitié, laissez-moi avoir les miettes qui tombent par terre.Laissez-moi lécher les restes dans vos assiettes ! » (Gorben dégaina son épée et la leva aussi haut qu’il put.) Eh bien, je ne suis pas d’accord ! beugla-t-il d’une voix de tempête.Je suis l’empereur, élu des dieux.Et je me battrai jusqu’à la mort pour sauver mon peuple !— Et nous serons à vos côtés ! lança une voix à droite.Druss avait reconnu la personne qui venait de parler.C’était Bodasen, et avec lui venaient les cinq mille défenseurs de Capalis [ Pobierz całość w formacie PDF ]