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.Je tâte mon sac où j’ai mon héroïne et ma méthédrine.Ce courage, est-ce que je l’aurai ?…POSTFACESUR cette question, s’achève la confession de Charles Duchaussois.Alors, l’aura-t-il, ou non, ce courage ?Pas avant des mois et des mois.Récupéré par son ami, retapé, soigné, il ne peut pas échapper à la tentation.Entré au Comité antidrogue, rue de Tilsitt, il aide à sauver d’autres drogués.Mais lui se drogue toujours.Il s’enferme dans les cabinets du Comité et il se pique.Souvent, la dose est si forte qu’il tombe, la tête en avant, et se blesse le front sur le lavabo qui se trouve en face.Il doit mentir.Dire qu’il s’est trouvé mal.Au bout de deux mois, il quitte le Comité.Par les petites annonces, il trouve une place de veilleur de nuit dans un hôtel de Montparnasse.Cet hôtel est aussi une pension pour vieilles dames.Elles sont toutes folles de l’étrange veilleur de nuit qui raconte de passionnants voyages dans le désert à dos de chameau et d’étranges pérégrinations sur la route des Indes et d’ailleurs.En fin d’après-midi, avant de prendre son travail, Charles se pique.À minuit, quand il est tout à fait seul, il se pique encore.Et il recommence avant de se coucher, à la fin de la nuit.Bientôt, la réserve d’héroïne est épuisée.Il faut trouver autre chose.Au Comité antidrogue, un ancien acteur de cinéma que la drogue a conduit à une affreuse déchéance, lui a indiqué que des suppositoires à base d’opium étaient en vente libre, au dosage de 10 mg d’opium par suppositoire.Il suffit de faire fondre les suppositoires, de racler la couche de gélatine qui remonte à la surface en refroidissant, de diluer l’opium restant au fond dans de l’eau, et de filtrer avant de se l’injecter dans les veines.En même temps, Charles a pu retrouver la trace de Jocelyne, sa compagne expulsée en septembre de Katmandou.Elle est rentrée en France, elle, après des mois de pérégrinations à travers les Indes, l’Afghanistan, l’Iran, la Jordanie et le Liban.Durant l’hiver 1970, elle a travaillé dans un home d’enfants à Megève.Elle s’y piquait, le soir, à la morphine.Puis elle a fait de la plonge à Hyères.Un télégramme de Charles la fait remonter à Paris.Il l’accueille gare de Lyon.Elle a cessé, elle, de se droguer, mais son arrivée déclenche chez Charles un processus fatal.Jocelyne pouvant le remplacer au bureau de l’hôtel, il prend l’habitude de se droguer de plus en plus.Bientôt, il lui faut 15 à 20 boîtes de suppositoires d’Omopavine par jour, chaque boîte n’en contenant que 5.Une course épuisante à travers toutes les pharmacies de Paris commence.Jocelyne et Charles se relaient.Ils ont quadrillé Paris et fait des cartes sommaires où les pharmacies sont marquées d’un point rouge.À chaque quartier, à chaque carte, correspond un tableau des fréquences de visites dans chaque pharmacie.Ainsi, ils peuvent écumer la capitale sans trop risquer d’éveiller les soupçons et de provoquer les réticences du pharmacien.La boîte de 5 suppositoires d’Omopavine à 10 mg d’opium coûte 2,60 F.La journée d’opium coûte donc en moyenne de 40 à 50 F.Et le mois, de 1 200 à 1 500 F.En juillet, une piqûre loupée donne à Charles un énorme abcès au bras.Il doit voir un médecin.Le hasard le fait tomber, tout près de son hôtel, sur un jeune médecin intelligent qui décide de l’aider à lutter pour s’en sortir.Il lui faudra deux mois pour y réussir.On ne peut faire subir une cure de désintoxication de force à un drogué.Il doit être consentant.En septembre, Charles est dans un état critique.Ses phobies et ses hallucinations de Katmandou ont repris.Il refuse plus que jamais d’être soigné.À l’hôtel, il vit couché.Jocelyne fait son travail la nuit et dans la journée, court les pharmacies à la recherche d’Omopavine.Pour la direction, Charles est un paludéen sujet à de fréquents et très violents accès.Fin septembre, Charles se dit traqué et s’échappe.Pendant une dizaine de jours, il sillonne Paris, passant une journée dans un hôtel et le quittant le lendemain pour un autre.Parfois il fait même plusieurs hôtels dans la journée.Une nuit, il appelle Jocelyne qui réussit à rester en contact avec lui.Affolée par l’état de Charles, craignant le pire, elle décide de le faire hospitaliser d’office.Elle appelle Police-Secours.Rien à faire.On n’embarque pas un drogué comme ça.Elle insiste, plaide auprès de plusieurs hôpitaux.En vain, personne ne veut de Charles [ Pobierz całość w formacie PDF ]