[ Pobierz całość w formacie PDF ]
.— C’est une sensation viscérale.Les visions ne sont jamais agréables ou douces, comme dans les films.Elles sont horribles.En gros, si tu te sens mal, ça veut dire que c’est une vision, et pas un rêve, dit-elle en m’examinant avec attention.Alors, comme ça, tu as des visions ?— J’en ai eu une aujourd’hui.Au début, je croyais que c’était un rêve, ou plutôt un cauchemar.Plus main- tenant.— Ah, pas de chance, lâcha-t-elle en esquissant un sourire ironique.Je décidai de changer de sujet.— C’est quoi, le problème, avec Neferet ?Son visage se vida soudain de toute expression.— Comment ça ?— Tu le sais très bien ! Quelque chose ne va pas chez elle.Je veux savoir quoi.— Tu es sa novice, sa favorite, son nouveau jeune prodige.Tu crois vraiment que je vais me confier à toi ? J’ai beau être blonde, je ne suis pas stupide.— Alors, pourquoi tu m’as conseillé de ne pas prendre le médicament qu’elle m’avait donné ?Elle détourna les yeux.— Ma première camarade de chambre est morte six mois après son arrivée à la Maison de la Nuit.J’ai pris cette saloperie.Ça.ça m’a affectée.Pendant très long- temps.— Affectée comment ?Je me sentais bizarre, détachée.Mes visions se sont arrêtées pendant une ou deux semaines.Par la suite, je n’arrivais même plus à me rappeler à quoi elle res- semblait.Venus.Elle s’appelait Venus Davis.C’est à cause d’elle que j’avais choisi de m’appeler Aphrodite On trouvait ça cool, à l’époque.Elle me regarda avec tristesse.— Je me suis forcée à me souvenir d’elle, et j’ai pense que toi aussi tu voudrais te souvenir de Lucie.— C’est vrai.Merci.— Tu ferais mieux de t’en aller.Il ne faut pas que quelqu’un découvre que tu es venue me voir.Elle avait raison.Je me tournais vers la porte quand elle ajouta :— Elle te fait croire qu’elle est bienveillante, mais c’est faux.Tout ce qui est lumineux n’est pas for- cément bon, et tout ce qui est sombre n’est pas forcément mauvais.L’avertissement d’Aphrodite me fit penser au conseil que Nyx m’avait donné le jour où j’avais été marquée.« L’obscurité n’est pas toujours synonyme de mal, tout comme la lumière n’apporte pas toujours le bien.»— En d’autres termes, répondis-je, sois prudente en présence de Neferet et ne lui fais pas confiance.— Oui, sauf que je n’ai jamais dit ça.— Dit quoi ? Nous n’avons jamais eu cette conversation.Je refermai la porte derrière moi et me précipitai dans ma chambre.Je me lavai le visage et me brossai les dents avant de redescendre dans la salle commune.— Prête ? demanda Erik.— On vient avec toi, déclara Damien en désignant les Jumelles, Jack et Drew.Je m’apprêtais à refuser, mais j’en fus incapable.En vérité, j’étais heureuse qu’ils soient là, qu’ils ressentent le besoin de faire front autour de moi, de me protéger.J’avais toujours craint que mes pouvoirs et ma Marque extraordinaires ne me stigmatisent, m’empêchant de me faire des amis.Apparemment, je m’étais trompée.— OK, allons-y.J’ignorais encore ce que j’allais dire à Neferet ; je savais juste trois choses : je ne pouvais pas continuer à me taire, mon « rêve » était en fait une vision, et les « créatures » que j’avais vues n’étaient pas que de simples fantômes.L’idée qu’elles aient enlevé Heath me remplissait d’horreur.Quant à ce que cela laissait présager sur ce qu’était devenue Lucie, cela me glaçait le sang.Avant que nous n’ayons atteint la porte, elle s’ouvrit et Neferet entra, majestueuse, dans un souffle d’air enneigé.Les inspecteurs Marx et Martin la suivaient, emmitouflés dans des anoraks bleus fermés jusqu’au menton.Leurs casquettes étaient couvertes de neige et ils avaient le nez rouge.Comme toujours, Neferet était impeccable, parfaitement calme, parfaitement maîtresse d’elle-même.— Ah, Zœy, tu tombes bien ! Ces messieurs ont une mauvaise nouvelle à t’annoncer.Ils aimeraient s’entre- tenir avec toi pendant quelques instants.— Je viens d’apprendre la disparition de Heath aux informations, déclarai-je aux inspecteurs sans un regard pour Neferet, que je sentis se tendre.Si je peux vous aider d’une quelconque manière, je le ferai.— Pourrait-on retourner dans la bibliothèque ? demanda l’inspecteur Marx.— Bien sûr, répondit Neferet.Je me tournai vers Erik avant de les suivre.— On t’attend là, dit-il.Rassurée, j’entrai dans la bibliothèque.La porte à peine refermée, l’inspecteur Martin se mit à m’interroger.— Zœy, veux-tu nous dire où tu te trouvais ce matin entre six heures et demie et huit heures et demie ?— J’étais dans ma chambre.J’ai parlé à ma grand mère au téléphone, ensuite j’ai échangé quelques textos avec Heath, répondis-je en sortant mon portable de ma poche.Vous pouvez les lire si vous voulez, je ne les ai pas effacés.— Tu n’es pas obligée de faire ça, Zœy, intervint Neferet.— Ça ne me dérange pas, fis-je en me forçant à lui sourire.L’inspecteur Martin prit l’appareil et copia les messages dans son carnet.— As-tu vu Heath ce matin ? reprit son collègue.— Non.Il m’a proposé de venir me voir, mais j’ai refusé.— Je lis là que tu avais prévu de le voir vendredi.Neferet me lança un regard perçant.J’inspirai à fond [ Pobierz całość w formacie PDF ]