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.Jusqu’à présent, cela n’avait pas marché, et Malenfant, en dépit d’une féroce détermination, perdait peu à peu espoir.Mais il n’avait pas de meilleure idée.La lumière s’effaça du ciel tandis que Julia était tranquillement assise avec les Coureurs.Les prédateurs commencèrent à échanger leurs appels, leurs étranges hurlements portant loin dans l’air immobile du soir.Rapidement, sans un mot, Malenfant et McCann bâtirent un feu.Ils se servirent d’herbes sèches pour l’allumer ; ils avaient apporté des fagots de bois depuis le Périphérique pour l’alimenter.Le souper de Malenfant consista en quelques bouchées de poisson cru.Les Coureurs se servaient de leurs feux surtout pour se tenir chaud, pas pour cuisiner.Si McCann ou Malenfant lançaient cette chair de poisson coriace et salée sur le feu, l’odeur de chair brûlée effrayerait les hominidés et les ferait vite partir.Ensuite, le moment vint de procéder à l’entretien de ses pieds.Malenfant ôta ses bottes et examina les derniers dégâts en date.Il existait une espèce de puce qui pondait ses œufs sous les ongles des pieds et, bien entendu, c’était Malenfant qui avait été infesté.Lorsque ces bestioles commencèrent à se développer dans la chair molle qui se trouvait sous l’ongle en se nourrissant de la foutue crasse qui s’y accumulait, McCann dit que Julia pouvait les extraire avec ses couteaux de pierre.Malenfant refusa, stérilisa son canif dans le feu et le fit lui-même.Mais, bon Dieu, qu’est-ce que ça faisait mal, excessivement mal, et ses orteils finirent en sang.Il eut vraiment du mal à marcher pendant les jours suivants.Lorsqu’il en eut terminé avec ses pieds, Malenfant commença à préparer du pemmican.Cela faisait partie de ses projets à long terme.On prenait la graisse coagulée d’un poisson cuit et on la ramollissait dans ses mains.Puis on se servait de l’une des lames de pierre de Julia pour gratter la chair cuite et la transformer en morceaux granuleux que l’on mélangeait avec la graisse.Ensuite, on ajoutait du sel et des baies, et peut-être un peu de noix de muscade provenant de la réserve de McCann, puis on séparait le mélange en morceaux de la grosseur d’une balle de golf.On les roulait alors pour former des saucisses cocktail, et on les mettait à durcir au soleil.Il avait déjà procédé ainsi avec un cuissot d’antilope.C’était simple, une technique qu’il avait retrouvée au fin fond de ses souvenirs d’entraînement d’astronaute à la survie.Ce traitement devait permettre à ces morceaux de poisson et de viande de durer des mois.McCann s’assit et le regarda faire.Il tenait un bol en bois rempli d’une tisane d’aiguilles vertes de sapin écrasées.Au début, Malenfant avait été très sceptique sur ce qu’il considérait comme une affectation anglaise, mais la tisane avait un effet étrangement revigorant ; Malenfant soupçonnait les aiguilles d’être pleines de vitamine C.Mais sa saveur était forte et elle était pleine de fragments d’aiguilles pointus (qu’il avait appris à filtrer avec une chaussette).— Malenfant, vous être un homme à la parole rare et à la détermination inébranlable.Vos préparatifs sont admirables et exhaustifs, mais s’engager dans le désert est téméraire, peu importe le nombre de galettes de pemmican que vous fabriquerez.Même si vous trouvez le moyen de traverser les montagnes, il n’y a qu’un terrain aride au-delà.— Nous avons cette conversation pour ainsi dire tous les jours, Hugh, grogna Malenfant.Nous avons dû trouver tous les groupes de Coureurs qui vivent dans cette zone, et nous n’avons obtenu aucun résultat.D’un autre côté, nous savons que beaucoup d’entre eux s’enfoncent profondément dans le désert.(Il plissa les yeux, et plongea son regard dans la dure lumière plate des terres arides de l’ouest.) Il pourrait y avoir des dizaines de tribus là-bas.Il faut que nous partions à leur recherche.McCann fit une grimace et but une gorgée de tisane.— Et à la recherche de traces de votre Emma.Malenfant continuait à travailler son pemmican.— Vous êtes venu jusqu’ici, et je vous en suis reconnaissant.Mais si vous ne voulez pas me suivre plus loin, ce n’est pas un problème pour moi.McCann sourit, fatigué.— Je suppose que je me suis attaché à vous – je suis devenu un écuyer du cavalier de votre échiquier.Nous sommes tous perdus sur cette Lune désolée, voyez-vous.Malenfant – Emma n’est pas la seule.Et nous cherchons tous un but.— Je vous suis reconnaissant pour votre compagnie, grommela Malenfant, mal à l’aise.Mais, quant à la raison pour laquelle vous m’accompagnez, c’est votre affaire, pas la mienne.Je n’ai jamais beaucoup apprécié la psychanalyse.Le terme fit froncer les sourcils à McCann, mais il sembla deviner sa signification.— Vous regardez toujours vers l’extérieur, hein ? Peut-être cela vous serait-il utile de regarder de temps en temps à l’intérieur.— Qu’est-ce que c’est censé vouloir dire ?— Pour un homme à la motivation si forte, une motivation dirigée vers un but pour lequel il est clairement disposé à donner sa vie, vous semblez très peu vous intéresser à l’origine de cette motivation.(McCann leva un doigt.) Je vous prédis que vous finirez par la découvrir, même s’il faut que vous trouviez Emma avant.Ils montaient la garde à tour de rôle : d’abord McCann, puis Malenfant.Celui-ci se nettoya les dents avec un morceau de brindille.Puis il s’installa pour prendre son premier sommeil.Ici, les nuits étaient toujours froides.Malenfant remonta la fermeture de sa combinaison, plaça un sac de sous-vêtements sous ses cuisses pour adoucir le contact du sol dur, et étendit quelques couches de tissu de parachute sur son corps.Il posa sa tête sur le paquet dans lequel il transportait ce qui restait de sa combinaison de la NASA, ses sous-vêtements du vrai monde, et le reste de ses rares possessions de luxe.Bien qu’il se fût habitué à son vêtement de daim, qui s’était assoupli à l’usage, et dont il soupçonnait, après les premiers jours de voyage, qu’il puait plus sa propre odeur que celle de son propriétaire originel, il s’accrochait aux quelques objets qu’il avait sauvés de la ridicule catastrophe qu’était devenue sa mission, comme pour s’envoyer un message à lui-même, se souvenir qu’il n’était pas né dans ces conditions et, peut-être, qu’il ne devrait pas y mourir non plus.Comme d’habitude, il avait du mal à s’installer pour dormir.— Je n’aime pas me plaindre, finit-il par dire.— Bien sûr que non.— Ce sol est dur comme de la pierre.Je ne peux pas me retourner sans me disloquer une hanche.— Alors ne vous retournez pas.Et voilà comment les choses se passaient.Au bout de trois heures vint le tour de garde de Malenfant.McCann le secoua pour le réveiller, le jetant dans une nuit froide et parsemée d’étoiles [ Pobierz całość w formacie PDF ]